Points de vues du Gers Carnets

Corruption politique en France : Assez !

Il y a toujours eu des affaires en politique. Les meurtres (dernier en date : celui de Yann Piat, Députée du Front National puis de l’UDF, intervenu en 1994 dans le Var),  les escroqueries, les  trafics d’influence, les abus de biens sociaux, font  la une des gazettes depuis longtemps.

Mais aujourd’hui, la coupe est pleine. Et je  fais partie des millions de  français qui sont écoeurés, indignés, scandalisés, stupéfaits par le niveau de malhonnêteté et de corruption de la classe politique de notre pays.

Et cela à un point tel que dans un sondage récent 70% des personnes interrogées considèrent que tous les hommes politiques sont corrompus !

Le célèbre journaliste politique Alain Duhamel, 50 ans de métier, lui non plus ne s’en remet pas (et pourtant il en a connu et commenté des affaires véreuses), et se dit choqué par toutes ces turpitudes politiques. « Ma considération pour le monde politique actuel s’est dégradée. Le débat s’est abaissé, les personnages ont rapetissé, et les populismes ont progressé », dit-il.

Il faut dire que les élus de la République Française – les « ripoublicains », comme les appelle l’extrême droite – ont oublié depuis  longtemps le devoir d’exemplarité et de moralité publiques  qui devrait inspirer leur conduite, lui substituant une permissivité de tous instants.

Tabac et députés

Voyez par exemple, et on n’est pas là dans le plus haut de l’échelle de Richter de la corruption, ce déjeuner qui a réuni il n’y a pas longtemps, près de l’Assemblée nationale, des députés amateurs de cigares qui se sont « goinfrés » aux frais d’un fabricant de tabac américain, British American Tobacco, (qui produit notamment les cigarettes Dunhill et Lucky Strike).Il y avait là  d’anciens ministres et des élus nationaux et  locaux en exercice ((citons entre autres, Dominique Saugues, Députée socialiste du Puy-de-Dôme, et pour la droite André Santini,  Député-Maire d’Issy-les-Moulineaux , François Sauvadet, Député, Président du Conseil général de  la Côte d’Or, Dominique Bussereau, Député, Président du Conseil général de Charente-Maritime, Patrick Balkany, Député-Maire de Levallois-Perret – rappelons que ce dernier avait été condamné dans le passé à 15 mois de prison avec sursis, 200.000 francs d’amende et 2 ans d’inéligibilité pour avoir  affecté  3 agents municipaux à l’entretien de son appartement de Levallois-Perret et de sa résidence secondaire de Giverny, ce qui ne l’a pas empêché de retrouver ses mandats de Député et de Maire et de sévir à nouveau (les électeurs ont la mémoire courte) .Montant de la note payée par le cigarettier : 10.000 € ! En se prêtant à cet acte de lobbying deux jours avant la Journée mondiale sans tabac (quelle provocation !), les politiques concernés ont enfreint la convention-cadre de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) sur la lutte anti-tabac, ratifiée par la France, qui stipule que l’Etat doit veiller à ce que les politiques ne soient pas influencés par les intérêts de l’industrie du tabac. On attend toujours les sanctions ou à tout le moins les rappels à l’ordre…

Et puis, et surtout, il y a les affaires, gauche et droite rivalisant dans la performance.

Dominique Strauss-Kahn

On pourrait remonter jusqu’à la sordide affaire du Sofitel de New-York, en mai 2011, qui a révélé un Dominique Strauss-Kahn obsédé sexuel, prêt à tout pour consommer de la chair féminine en usant de son pouvoir et de son influence , et qui avait déjà été inquiété judiciairement dans des périodes plus anciennes  pour « faux et usage de faux » (MNEF), pour « corruption passive «  et « concussion » ( « cassette Méry »), ou encore pour « complicité sur instruction donnée et recel d’abus de biens sociaux » (Elf-Aquitaine), sans pour autant connaitre de condamnation. Pour autant, fallait-il qu’il soit auditionné au Sénat ces jours derniers par une commission d’enquête chargée de réfléchir au rôle des banques dans l’évasion fiscale ? Certes ses frasques sexuelles n’enlèvent rien à sa capacité d’expertise économique et financière. Mais cette « réhabilitation » était-elle vraiment opportune ?

Guérini,  Kucheida, Cahuzac

Pour rester côté gauche de l’échiquier, l’actualité récente est riche de dérapages :

-  Il y a le cas de Jean-Noël Guérini,  Sénateur, Président du Conseil général des Bouches-du-Rhône, qui  dans une affaire de marchés publics présumés frauduleux, en est à sa troisième mise en examen pour « corruption passive, trafic d’influence, participation à une association de malfaiteurs en vue de commettre ces délits, et atteinte à la liberté ou à l’égalité des candidats dans les marchés publics », le juge ayant la ferme conviction que l’homme politique avait organisé de façon « systématique » l’attribution des marchés aux entreprises de son frère Alexandre et de ses amis

-  Il y a aussi le cas de Jean-Pierre Kucheida, qui fut dans le Pas-de-Calais Député-Maire socialiste de Liévin, et qui se trouve impliqué dans une affaire d’emplois fictifs et de financement occulte de la Fédération départementale du Parti Socialiste, via le versement par des entreprises de sommes d’argent en contrepartie de la dévolution à leur profit de chantiers publics. Défait aux législatives de 2012 (il s’était vu retirer l’investiture du PS) et contraint de démissionner de son mandat de Maire, Jean-Pierre Kucheida a été condamné en mai dernier à 30.000 € d’amende pour avoir fait prendre en charge des dépenses personnelles (47.000 €) par la carte bleue de l’organisme public qu’il présidait. C’est aussi ledit organisme qui avait financé une exposition-photo de la fille de l’élu à hauteur de 12.000 €…Plusieurs autres enquêtes préliminaires le concernant sont encore en cour

-  et puis il y a le cas Jérôme Cahuzac, ancien Député-Maire de Villeneuve-sur-Lot et ancien Ministre du Budget, qui avoue, après avoir affirmé le contraire sur l’honneur dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale, ainsi qu’auprès du Premier Ministre et du Président de la République, qu’il détient un compte bancaire à l’étranger ! Lui Ministre du Budget en charge de la lutte contre la fraude fiscale qui confesse être lui-même un fraudeur ! La République n’en est pas encore revenue ! Là aussi, on attend les suites judiciaires. Et pourquoi l’Assemblée nationale a cru utile de l’auditionner mercredi dernier ? Une véritable mascarade, un gigantesque bras d’honneur fait à la représentation parlementaire, car l’intéressé s’est bien diverti, fuyant les questions sous l’habile prétexte qu’une information judiciaire était ouverte et qu’il ne pouvait donc  répondre à la curiosité  des députés. Il a excellé dans le cynisme, la mauvaise foi et la provocation, comme à son habitude d’ailleurs. On laisse entendre qu’un éditeur parisien aurait déjà offert une avance de 100.000 € au délinquant pour écrire le livre narrant ses méfaits. Comme quoi, hélas !,  le récit d’un hors la loi paie bien…

Le Parti Socialiste, lui, a déjà payé les « pots cassés » à l’occasion de l’élection législative partielle de Villeneuve-sur-Lot des 16 et 23 juin, destinée à remplacer à l’Assemblée Nationale Jérôme Cahuzac, démissionnaire,  puisque son candidat n’a même pas pu être présent au deuxième tour. Et si c’est le représentant UMP qui l’emporta, la situation a surtout profité au Front National qui fit en la circonstance un score inattendu, au premier comme au second tour.

Et dire qu’un ex-cadre de la banque suisse Reyl et Cie affirme disposer d’une liste d’une quinzaine de Ministres actuels ou d’anciens Ministres français qui détiendraient eux aussi des comptes à l’étranger ! La République n’est pas au bout de ses surprises…et de ses écoeurements !  Des noms, des noms !

Et à droite ? Il n’y a que l’embarras du choix.

Les vacances de Michèle Alliot-Marie en Tunisie

Commençons par les vacances en famille de fin d’année 2010 de Michèle Alliot-Marie, alors Ministre des Affaires Etrangères de Nicolas Sarkozy. Elles se tiennent en Tunisie, à un moment où les manifestations se multiplient pour réclamer le départ du Président Ben Ali. Quelle imprudence coupable et quel mépris affiché pour le peuple tunisien  que de venir faire du farniente de luxe en pleine révolte populaire ! Pire : elle emprunta à deux reprises, avec papa, maman et mari (il s’agit de Patrick Ollier, alors Ministre chargé des Relations avec le Parlement) , le jet privé d’un homme en affaires avec des proches du chef d’Etat tunisien. Durant ce séjour, les parents de la Ministre concluront d’ailleurs avec celui-ci un projet immobilier.  Pressée de démissionner, elle ne s’y résoudra que tardivement, sauvant par contre la tête de son conjoint. Lors des législatives de 2012, elle paiera son erreur  par un échec dans sa circonscription des Pyrénées-Atlantiques où depuis 2007 elle l’avait emporté sans discontinuer.

La Présidence de l’UMP

Il y eut par ailleurs la triste affaire de l’élection à la Présidence de l’UMP qui tourna au pugilat et au ridicule entre François Fillon et Jean-François Coppé, ce dernier soupçonné d’avoir triché pour se faire élire… « Une faute inexcusable », selon François Baroin, un de ceux au sein de l’UMP à qui on peut porter crédit.

Les affaires Sarkozy

Et puis il y a toutes les tourmentes judiciaires qui menacent Nicolas Sarkozy en personne 

-  contribution au financement de la campagne présidentielle d’Edouard Balladur en 1995, à l’aide de commissions versées sous forme de rétrocessions dans le cadre de contrats d’armement avec le Pakistan et l’Arabie Saoudite. Nicolas Sarkozy est alors Ministre du Budget et porte-parole du candidat, et aurait validé la création de sociétés-écrans par lesquelles auraient transité lesdites commissions. Deux mises en examen ont déjà été prononcées touchant des proches d’Edouard Balladur et de son bras droit. Y en aura-t-il d’autres ? Un homme d’affaires franco-libanais, Ziad Takieddine, au cœur de ce dispositif de rétrocessions en tant qu’intermédiaire, a en tout cas confirmé les financements en question via des valises d’espèces  ramenées de Genève…C’est dans la piscine de ce fameux Takieddine qu’une photo, qui a beaucoup circulé sur le net, montre Jean-François Coppé en train de barboter…En eau trouble 

- autre financement de campagne présidentielle controversée : celle de 2007 qui verra Nicolas Sarkozy parvenir à l’Elysée. Il  est question en effet d’une généreuse « participation » de feu le dictateur lybien Kadhafi (50 millions €), confirmée ces dernières années  par certains de ses proches. Une enquête préliminaire a été ouverte et une perquisition conduite au domicile et dans les bureaux de Claude Guéant, à l’époque  Directeur de cabinet du Ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy. A suivre donc

- à propos toujours de la campagne de 2007, Nicolas Sarkozy a été mis en examen pour abus de faiblesse sur la personne de Liliane Bettencourt .Le candidat aurait bénéficié de ses largesses en profitant du mauvais état de santé de la richissime héritière du groupe L’Oréal. Rappelons par ailleurs qu’Eric Woerth, qui fut  Ministre du Budget et Trésorier de l’UMP puis de la campagne présidentielle, et présenté comme un intermédiaire de Nicolas Sarkozy auprès de Liliane Bettencourt, avait fait embaucher en novembre 2007 son épouse dans l’équipe chargée de gérer la fortune de la généreuse donatrice. Devant la pression médiatique, elle dut démissionner peu de temps après

-  autre complication judiciaire pour Nicolas Sarkozy : l’affaire dite des sondages  commandés par l’Elysée auprès de différents instituts sans appel d’offres, et de la signature d’une convention commerciale parmi d’autres avec la société de conseils Publifact (1,5 millions € pour la prestation et 10.000 € de rémunération mensuelle), qui appartenait à Patrick Buisson, en même temps  proche collaborateur de Nicolas Sarkozy…Enquête judiciaire en cour

- et enfin, l’affaire Tapie, liée à un arbitrage pris fin 2007 pour solder le contentieux opposant depuis 1993  l’homme d’affaires au Crédit Lyonnais à propos de la vente d’Adidas. L’enquête conduite par 3 juges , avec en appui plusieurs perquisitions et mises en examen pour escroquerie en bande organisée , dont celle de Bernard Tapie lui-même, laisse penser que cet arbitrage aurait été piloté et « verrouillé » depuis l’Elysée, en violation de toutes les règles d’indépendance de la Commission ad hoc. Résultat des courses : plus de 400 millions € versés à Tapie et payés par les contribuables que nous sommes…De quoi permettre à son bénéficiaire de se rendre propriétaire d’un jet privé, d’un yacht de 76 mètres, d’habitations luxueuses à Neuilly et à Saint-Tropez, et des journaux « La Provence », « Nice Matin » et « Corse Matin ».Affaire à suivre également…

Claude Guéant

Avec  le maître, le disciple, dit « Le Cardinal », Claude Guéant, est  lui aussi  très chahuté par la justice. Outre l’affaire Tapie à laquelle il pourrait être étroitement mêlé, il doit s’expliquer sur plusieurs « anomalies » découvertes notamment lors de perquisitions à son domicile ou à son cabinet d’avocat : primes versées en liquide de 2002 à 2004 (10.000 € mensuels) quand il était Directeur de Cabinet de Nicolas Sarkozy au Ministère de l’Intérieur ; versement sur ses comptes de 500.000 € qui selon lui correspondaient à la vente de deux tableaux d’un peintre flamand du XVII° (mais la cote toute relative de l’artiste ne peut expliquer un tel niveau de prix) ; factures de « dépenses de ménage » payées en espèces pour un montant global de 20 à 25.000 € ; achat comptant en 2008 d’un appartement de 90 m2 dans les beaux quartiers de Paris pour plus de 700.000 € ; tableau offert par un chef d’Etat africain qui se trouve accroché sur le mur derrière le bureau de l’avocat Claude Guéant, et qui en tant que tel appartient normalement  au patrimoine de la République…

Dassault, Bechter, Corbeil-Essonnes

Voilà donc un panorama bien sombre et inquiétant pour nos valeurs républicaines. Ajoutons-y les investigations judiciaires qui viennent de démarrer à Corbeil-Essonnes (photo presse ci-dessus), avec la garde à vue du Maire, Jean-Pierre Bechter, « homme de main » de Serge Dassault, Sénateur UMP et avionneur réputé. Le premier magistrat est soupçonné, et à travers lui Serge Dassault, de complicité de tentative de meurtre survenue dans la ville en février dernier, et d’achat de votes, de corruption, de blanchiment et d’abus de biens sociaux…

Vains sursauts

L’affaire Cahuzac à elle seule aurait pu conduire à un sursaut moral. Des déclarations tonitruantes ont voulu nous y faire croire. Mais la loi sur la transparence annoncée comme un remède de cheval pour mettre fin à ces dérives a  accouché de mesurettes  guère à la mesure des enjeux. Obligation est faite aux élus de déclarer leur patrimoine, mais aucune obligation de  publication de celui-ci n’est retenue. Il faudra que le citoyen se rende en Préfecture pour consulter le patrimoine de tel ou tel homme politique, à condition de décliner son identité sur un registre ouvert à cet effet. Et le non-cumul des mandats demeure encore à l’état de projet. Et d’ailleurs comment pourrait-il en être autrement ? On n’imagine pas les parlementaires scier  eux-mêmes la branche sur laquelle ils sont confortablement installés, car cumuler c’est additionner des indemnités et donc des euros. 

Il y a bien eu quelques réactions qui honorent leurs auteurs. Par exemple celle d’une dizaine (seulement ) de députés de tous bords qui dans un manifeste, « Osons rénover l’Assemblée », en appellent à l’abolition de leurs privilèges (c’est eux qui le disent) : disparition du régime spécial et dérogatoire au droit commun des retraites des parlementaires,  fin de l’exonération fiscale de l’indemnité de frais de mandat, et  suppression de la réserve parlementaire( il s’agit du trésor de guerre que se constituent au fil des années les Assemblées ).C’est louable, mais l’intention est restée à l’état d’un feu de paille. Et Claude Bartolone, Président de l’Assemblée Nationale, de dire à leur sujet : « Je commence à en avoir ras le bol de ces députés qui veulent se faire une réputation sur le dos de tous les autres ! ».Autre manière de dire : « Circulez, y a rien à voir ! ».Un député PS, Olivier Faure, a suggéré de son côté que les augmentations de patrimoine entre le début et la fin d’un mandat soient publiées. Fin de non-recevoir ! Un élu vert a demandé l’encadrement des lobbies à l’Assemblée Nationale. Fin de non-recevoir ! Bruno Le Maire (UMP) a proposé que tous les hauts fonctionnaires soient tenus de démissionner lorsqu’ils deviennent parlementaires. Fin de non-recevoir ! L’interdiction de cumuler des activités de conseil et un statut de député ou de sénateur n’a pas non plus été retenue.

La défiance des citoyens à l’égard de la classe politique (« Tous pourris ! ») va donc encore croître et se traduira par une abstention plus élevée aux élections ou par un vote renforcé vers les extrêmes.

Pas étonnant que dans une étude récente les responsables politiques arrivent tout en bas du classement des professions qui inspirent confiance, juste devant les agents immobiliers. La coupure entre les élites et le peuple n’est donc pas prête de se réduire…

Fabius, Mélenchon, Cohn-Bendit

Si déjà ils mettaient en conformité leurs actes avec leurs convictions ! Je me suis toujours demandé par exemple comment on pouvait être socialiste en étant richissime (n’est-ce pas M. Fabius ?), car que connaît-on du peuple et de ses problèmes dans ce cas ?

Je pense à l’instant à Jean-Luc Mélenchon qui vient de déclarer qu’il choisissait la classe affaires quand il prenait l’avion, en ayant assez de se casser le dos en classe économique. Il préfère ainsi ,à des tarifs hors de prix, voyager au côté des puissants et des « suppôts du capitalisme », partageant avec eux caviar et champagne, et délaissant le voisinage de ceux qui n’ont pas les moyens de faire de même. Que pensent les électeurs et  les sympathisants du leader du Parti de gauche de ce caprice de riche, eux qui souvent n’ont jamais pris l’avion de leur vie, ou si rarement, et alors en classe éco ou sur un vol low-cost ?

Je pense aussi à Daniel Cohn-Bendit, héros de 68, homme de gauche, défenseur acharné du service public, qui vient  d’être recruté par la radio Europe 1 pour y tenir une chronique (combien la chronique ?), une station, rappelons-le, qui  appartient au groupe privé Lagardère, et qui n’a jamais caché ses orientations libérales.

Exemplarité, honnêteté, sincérité, proximité, voilà quelques unes des vertus, avec la compétence et la capacité à agir, qu’on espère trouver chez les hommes politiques afin de constituer une République irréprochable. On est loin du compte ! « Servir, et non pas se servir », disait pourtant Ségolène Royal….

 

NB Cliquez ci-dessous pour lire une interview intéressante de Jean Lassalle, Député des Pyrénées-Atlantiques, sur le site internet du magazine "L'Express", "Les citoyens ont la haine des politiques" :

www.lexpress.fr/region/jean-lassalle-les-citoyens-ont-la-haine-des-politiques_1259782.html 

Fait le 30 juin

Le Festival "Eclats de Voix"

Depuis notre arrivée dans le Gers, il y a bientôt quatre ans, mon épouse et moi fréquentons chaque saison le Festival « Eclats de Voix » (www.eclatsdevoix.com ), qui vient de tenir sa 16ème édition,  du 13 au 16 juin dernier.

Le Festival

C’est un rendez-vous très prisé autour de l’art vocal, qui se tient en différents lieux de la ville d’Auch, notamment au  Théâtre (un bijou de théâtre à l’italienne du XVIII°), ou à la Cathédrale Sainte-Marie (bâtie à partir de 1489 et achevée deux siècles plus tard).

Cette année, crise oblige, le calendrier de cet évènement a été resserré, le prix des places baissé et certains spectacles donnés gratuitement. C’était aussi l’occasion, pour rompre avec la morosité, de jouer la carte du rire avec plusieurs représentations. Le résultat est là puisque le succès est au rendez-vous de l’édition 2013 et les salles combles.

Patrick de Chirée

Le fondateur du Festival, Patrick de Chirée, qui en est le Président et le Directeur artistique, écrivait dans son éditorial 2013 : « Vous allez découvrir de jeunes talents, retrouver des artistes confirmés, dans les styles les plus variés, pour être fidèle à notre devise : originalité, éclectisme et excellence. »

Figure auscitaine, l’homme a de l’énergie, tenant à bout de bras ce projet, (grâce, entre autres, à une solide équipe de bénévoles, puisée pour partie dans les chœurs que compte la ville), conciliant sa passion de la musique et de l’art lyrique (qu’il tient de son père, pianiste à ses heures) avec ses activités au Centre Hospitalier d’Auch de Responsable du service de lutte contre la douleur et de soins palliatifs et de Président de la Commission Médicale d’Etablissement, qui font de lui une personnalité de premier ordre sur les enjeux de santé publique.

Soutiens

Le Festival, avec un budget moyen annuel de 200.000 €, bénéficie du fidèle soutien des Collectivités locales et de quelques rares mécènes (Société Générale, Groupama), et a pour marraine la célèbre mezzo-soprano Béatrice Uria-Monzon. Il faut dire que la cantatrice a des liens très forts avec le Gers car c’est grâce à Pierre Gardeil (disparu en 2010), philosophe, musicien, écrivain, directeur du Lycée Saint-Jean à Lectoure où elle est alors élève en Terminale, qu’elle découvre le chant au sein de la chorale de l’établissement (une chorale qui demeure encore aujourd’hui une référence).

Références

Elle s’est bien entendu produite à « Eclats de Voix », de même que bien d‘autres artistes de premier plan, comme les sopranos Barbara Hendricks et Montserrat-Figueras (décédée trop tôt, en 2011) ; Jordi Savall, son mari, violoniste de gambe, chef d’orchestre, dont le répertoire s’étend de la musique médiévale à celle du XIX°, en passant par la musique Renaissance et la musique baroque ; Georges Pludermacher, brillant pianiste français , qui se produit en soliste dans de nombreux festivals internationaux (pour la petite histoire, nous l’avions reçu en Limousin dans l’une de nos chambres d’hôtes à l’occasion d’un récital qu’il donnait dans une église voisine, et avions eu le privilège de l’entendre répéter sur le piano de mon épouse…) ; Eleonora Bekova, également pianiste, dotée d’un talent fou…

Le Festival compta par ailleurs des présentateurs et récitants  très médiatiques, d’une culture musicale prodigieuse, qui oeuvrent tous trois à la diffusion de la musique classique en France : Eve Ruggieri , productrice et animatrice d’émissions tv ou radio, et qui fut Premier prix de piano au Conservatoire de Nice (elle possède une belle demeure dans le Gers) ; Alain Duault, poète, écrivain, musicologue et animateur radio-tv (actuellement sur Radio Classique, comme d’ailleurs Eve Ruggieri) ; et Frédéric Lodéon, violoncelliste, chef d’orchestre et lui aussi animateur radio (« Carrefour de Lodéon », sur France Inter).

Echos de La Plata

Nous étions donc le samedi 15 juin à 14h30 au Théâtre d’Auch, pour entendre d’abord un programme dit « Echos de La  Plata » , en référence à la capitale argentine de la province de Buenos-Aires. Le chœur de chambre « A Canto Aperto » (« chant ouvert » en français), composé de jeunes chanteurs professionnels issus pour la plupart du Conservatoire de Toulouse, (ils étaient pour la circonstance 8 : 2 sopranos, 2 mezzo sopranos, 2 ténors et 2 barytons) proposa un répertoire  de musique argentine –photo ci-dessus. Avec  en chef de chœur, Nathalie  Accault, (à l’extrême droite sur la photo), élégante et efficace dans sa conduite musicale - elle  dirige pas moins de cinq chœurs dans le sud-ouest tout en étant professeur de chant -, et au piano Antoine de Grolée, un pianiste de 29 ans, déjà plein de talent.

Nous avons ainsi écouté des œuvres de Carlos Guastavino (1912-2000), un des compositeurs argentins les plus importants de son pays, pianiste accompli, dont l’œuvre  s’inscrit dans la tradition romantique de la fin du XIX° et la musique populaire argentine. En deuxième partie, fut donnée la Misa Tango (messe composée sur des airs de tango) de Martin Palmeri, jeune compositeur contemporain argentin. Le moment fut magique et chargé d’émotion : les voix s’entremêlaient agréablement, et les solos furent de toute beauté, surtout ceux chantés par les femmes du chœur, tant leurs voix étaient  d’une belle qualité cristalline . Nous fîmes ainsi un fabuleux voyage aux accents latino-américains et aux rythmes chaloupés. Dommage que le bandonéon n’était pas de la fête, cet accordéon emblématique du tango  qui lui apporte une touche inimitable.

Anaïs Constant et Antoine de Grolée

Nous avons enchaîné sur place avec à 16h30 un récital d’Anaïs Constans, une jeune soprano de 25 ans native de Montauban (elle chantait d’ailleurs dans le chœur du précédent spectacle –à l’extrême gauche sur la photo). Quelle révélation ! La chanteuse a une voix déjà très posée et un jeu scénique remarquable, expressions et mimiques du visage comprises. Elle interpréta, avec une maturité et une assurance étonnnantes, des airs de Charles Gounod (« Venise », chant composé en 1849, tiré du poème « Dans Venise la rouge », d’Alfred de Musset), de Maurice Ravel (des mélodies populaires grecques), de Gaetano Donizetti (peut-être le répertoire où elle a le plus excellé), de Francis Poulenc (« Les chemins de l’amour », une mise en  musique de la pièce « Léocadia » de Jean Anouilh -1940),de Léo Delibes (« Les filles de Cadix » -1887/1888) et de Jules Massenet (« Gavotte de Manon », dans l’opéra « Manon » -1884).Bien qu’encore très jeune, Anaïs Constant est déjà une grande professionnelle, et nul doute que sa carrière sera à la mesure de son  talent.

Elle était accompagnée au piano par Antoine de Grolée, également sur la scène de la précédente représentation. Exécutant quelques solos (une « Barcarolle » de Chopin, « L’Isle Joyeuse » de Debussy , « Jeux d’eau » de Ravel), il fut remarquable , et lui aussi me paraît promis à une bel avenir. Seule réserve qu’il devra corriger : il bouge beaucoup, ce qui nous perturbe un peu dans l’écoute de son jeu musical…

« Tosca » - Toscan du Plantier

Nous n’en avions pas fini avec « Eclats de voix », puisque le dimanche 16 juin en soirée, nous nous sommes rendus au Ciné32 d’Auch pour voir le film-opéra de Benoît Jacquot (2001), « Tosca », (oeuvre composée par Giacomo Puccini en 1900),  interprété par Angela Georghiu (Tosca), Roberto Alagna (Mario) et Ruggero Raimondi (Scarpia).Cette séance était organisée par le Festival en hommage à Daniel Toscan du Plantier (1941-2001), grand producteur de cinéma, qui encouragea notamment ce genre du cinéma-opéra, en produisant, outre « Tosca » (l’un de ses enfants porte d’ailleurs le prénom de Tosca), « Don Giovanni » de Joseph Losey, et « Madame Butterfly » de Frédéric Mitterrand. Par ailleurs, Toscan, qui fut Président de la Cinémathèque de Toulouse de 1996 à 2003, fait partie étroitement de l’histoire de Ciné32 dans le Gers,  lui accordant son parrainage dès 1992 pour aider à son développement et à sa réussite.

Le film a passionné une salle pleine. L’histoire, tirée d’une pièce de Victorien Sardou, et qui se déroule dans l’Italie de 1800, est  suffisamment tragique pour émouvoir : l’amour, la jalousie, le courage, la cruauté, la violence, la mort se partagent les actes et les scènes de cet opéra où Alagna et Raimondi sont excellents aussi bien dans le chant que dans leur jeu de comédien (avec une mention particulière à Raimondi, tant il incarnait avec justesse ce « bigot sadique » de Scarpia), Angela Gheorghiu étant pour moi un « cran » en dessous.

Et que dire de l’oeuvre musicale elle-même : une pure merveille ! Avec « Tosca », qui fit un tour du monde fulgurant malgré le dédain de l’intelligentsia française, Puccini a su trouver, comme nul autre compositeur de son époque, l’équilibre le plus parfait entre une écriture sans concession mais toujours lyrique, et un langage harmonique et orchestral d’une grande richesse et d’une parfaite originalité.

« Happy Hour » - "Les Sages Voleuses"

Notons qu’avant la projection un très sympathique « Happy Hour » , l’heure de l’apéritif,  nous fut proposé dans le hall du cinéma, au cours duquel se produisirent "Les Sages Voleuses" , un groupe vocal de trois femmes d’ici qui interpréta avec brio, et souvent a cappella, une variété d’airs populaires et dansants, que nous fredonnons tous, comme le boléro « Bésame Mucho » (« Embrasse-moi fort »), ou « Boogie Woogie », cette forme rapide et rythmée du blues des communautés noires américaines. Dommage que leur tour de chant fut quelque peu « écorné » par le brouhaha qui régnait dans le lieu.

Fait le 19 juin

 

Publicité TV

Je fais partie de ceux que la publicité rebute. Trop  c’est trop, tant nous sommes agressés en tous lieux, par tous moyens de communication, par une multitude de messages publicitaires et commerciaux.

Publicité et télévision

La télévision n’échappe pas à cette « torture » des esprits, et d’ailleurs mes choix de chaînes et de programmes sont pour partie liés à ma volonté d’échapper le plus possible aux spots en tous genres. De ce point de vue, Arte,France5, Mezzo , La Chaîne Parlementaire (LCP), les chaînes cinéma de Canalsat (je suis un incorrigible cinéphile) sont mes refuges préférés, tandis que je fuis assidument TF1 et M6 qui, outre qu’elles ont une ligne éditoriale médiocre et sotte (la téléréalité y sévit allègrement), détiennent le maillot jaune de la publicité, au point même d’interrompre sans crier gare les programmes en cours par des « pauses » ( !) publicitaires, dispositif qui peut convenir aux téléspectateurs atteints de la prostate, mais quand même : quel manque de respect pour les émissions  ainsi « violentées » au nom du « roi-fric ».

Rappelons-nous le célèbre et scandaleux propos de Patrick Le Lay, ancien PDG de TF1 : « Pour qu’un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible, c’est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca Cola c’est du temps de cerveau humain disponible. » !!!

Publicité et voitures

En règle générale, la publicité TV est  affligeante de médiocrité et de stupidité. Regardez les pubs pour les automobiles : elles sont ridicules, prétentieuses, « boursouflantes »…Je pense à un modèle Picasso de Citroën : il se balade, tel une soucoupe volante, dans la stratosphère entourée de cosmonautes…On l’a en effet baptisé la « Technospace Multiconnecté » ! La marque Kia, elle, s’est affublée d’une signature grandiloquente qui fait pouffer de rire : « Habituez-vous à l’incroyable » !!! Seule exception : les pubs de Volkswagen, souvent imprégnées d’humour ("Volkswagen, Das Auto !").

MMA, « que du tracas, que du blabla »

En tout état de cause  la guerre des slogans entre produits et services fait rage, certains martelés avec une telle énergie qu’on finit inconsciemment par les retenir. De gré ou de force, vous dis-je ! Voyez MMA et son célèbre mot d’ordre : « Zéro tracas, zéro blabla ».Pour être assuré auprès de cette Compagnie (plus pour longtemps), et avoir connu bien des déboires dans l’instruction récente par ses soins d’un dossier de sinistre, je peux crier sur tous les toits et en toute connaissance de cause : « MMA, que du tracas, que du blabla ! ».  

Publicité et patrimoine

Je n’aime pas non plus les publicités qui s’emparent du nom de personnages qui appartiennent à notre histoire, à notre culture, à notre patrimoine. Et je ne comprends d’ailleurs pas pourquoi le législateur n’a jamais édicté de règles d’interdiction en la matière. J’ai évoqué plus haut la voiture « Picasso », une si grande référence dans la peinture française du XX ème siècle, que des héritiers peu scrupuleux, animés du seul esprit de lucre, ont « vendue » à Citroën ! Invraisemblable ! Et que dire du Cognac Napoléon ! Pourquoi pas ici dans le Gers un Armagnac Charles de Gaulle ou un foie gras Henri IV ?

« Eau Sauvage » de Dior

Je m’amuse par ailleurs de la publicité pour le parfum Eau Sauvage de Christian Dior. On y voit en effet Alain Delon être « ressuscité »  pour l’occasion au travers d’une scène du film « La piscine » tournée avec Romy Schneider et Maurice Ronet en 1968, quand le beau gosse avait une trentaine d’années. Est-ce que cette « acrobatie » marketing qui consiste à remonter de quarante cinq ans le temps ne ringardise pas à l’avance le produit promu ? N’aurait-il pas mieux valu qu’ Alain Delon  « vende » aujourd’hui ses 78 ans, non pas à un parfumeur, mais plutôt à  un fabricant de crèmes ou de pilules miracle car l’homme a de beaux restes, et peut donner envie à une cible de seniors de lui ressembler ?  N’est-ce pas ce que fait Jane Fonda du haut de ses 76 ans ? Mais il y a pire lorsqu'on "déterre" des morts célèbres pour leur confier des rôles publicitaires posthumes.Ce qui fut le cas par exemple avec Marylin Monroe, James Dean ou Steve Mac Queen.N'est-il pas choquant de voir ainsi en images tel ou tel disparu être sorti de sa tombe pour vanter les mérites qui d'une voiture, qui d'une ligne de vêtements, qui encore d'une marque de lunettes de soleil...?

Publicités réussies

Je suis séduit toutefois, de temps en temps, par quelques campagnes publicitaires qui sont autant d’exceptions heureuses. C’est leur originalité, leur intelligence, leur drôlerie, leur finesse, ou leur sensualité qui font la différence.

Banque CIC

J’aime bien ainsi les spots télé de la banque CIC qui usent de la publicité comparative de manière cruelle et drôle à la fois : on voit un client venu s’enquérir  auprès d’une banque lambda des moyens  adéquats qu’il pourrait obtenir  pour financer son projet. Il est reçu par un collaborateur incompétent, incapable de lui trouver la solution appropriée. Le regard du client se porte alors de l’autre côté de la rue où un panneau d’informations en façade d’un établissement CIC lui propose justement ce qu’il recherche. Il plante là  le conseiller ignare et incrédule pour traverser la rue…Une juste sanction en l’occurrence !

Nespresso et George Clooney

Dans un autre genre, la publicité pour le café Nespresso (« What else ?») est pour moi très réussie. Elle le doit bien sûr à George Clooney, car il y déploie tout le charme, l’élégance et la modernité qu’on lui connaît. En outre, il pratique dans les messages une forme d’autodérision pleine d’humour, ce qui le conduit ainsi habilement à s’effacer derrière le produit, en demeurant néanmoins une figure charismatique d’une notoriété sans pareille. Je m’interroge parfois sur les raisons qui amènent  un  acteur aussi richissime à se « prostituer » dans la pub ? IL est vrai toutefois qu’on peut difficilement résister à un cachet qu’on dit être de 5 millions € par tournage….En tout cas, voilà une campagne publicitaire où la marque et la star sont étroitement et avantageusement associés dans l’esprit du consommateur. Un bel exemple de marketing parfait. A un point tel qu’un récent message Nespresso , réalisé avec l’actrice Pénélope Cruz, a totalement désorienté les clients. C’est comme si le café avait perdu son goût en même temps que George Clooney !

Evian

Dans un autre ordre d’idées, les campagnes d’Evian m’ont toujours beaucoup  emballé par la mise en scène de  bébés filmées dans des attitudes exceptionnelles. La marque qui appartient au groupe Danone, est leader en France en chiffre d’affaires et seconde par le nombre d’unités produites. Elle veut faire passer une image de jeunesse et de pureté, d’où ces bébés nageurs ou en rollers – cette dernière publicité détient le record du monde de la vidéo la plus vue de tous les temps avec 223 millions de fois sur You Tube. Il y a eu aussi ces scènes d’adultes de tous âges, pris dans toutes sortes de situations (dans l’ascenseur,  joggant, ramant, sur une planche de surf, devant la photocopieuse du bureau, dans une chambre d’hôtel, dans un taxi…) qui chantonnent avec des voix d’enfants l’air « We will rock you », devenu aussi célèbre que « We are the champions ». Quel effet ! Et la dernière qui vient de sortir, « Baby and me » : des hommes et des femmes à New-York qui voient dans une vitrine-miroir les bébés qu’ils ont été, habillés comme eux. Les gestes qu’ils font, les pas de danse qu’ils esquissent, sont repris tels quels par les bambins. Cocasse et franchement drôle! 

Publicité « animale »

D’autres annonceurs mettent en scène les animaux en leur prêtant des voix humaines. Là aussi , le rendu est hilarant. J’ai ainsi le souvenir d’une époque ancienne où les compagnies pétrolières distribuaient dans leurs stations-services des bons cadeaux, campagnes de pub’  en appui. Et nous clients endoctrinés choisissions notre carburant, non pas en raison de la qualité du produit à la pompe, mais  en fonction plutôt de l’intérêt que nous portions aux babioles offertes. Et  Esso s’efforçait de nous attirer dans ses points de distribution  en faisant parler des singes ou des lémuriens pour nous convaincre que nous  trouverions là de plus beaux cadeaux qu’ailleurs (par exemple 1 plein = 1 fourchette Guy Degrenne ou un verre, ou encore ,sur l’air de « Si tu vas à Rio… », « …des voyages à gogo et des millions de cadeaux si tu vas chez Esso… »Et chaque message était ponctué par un « Esso » tonitruant émis fictivement depuis leur nid par un quatuor d’oisillons aux becs grand ouverts.

Publicité et sensualité –« J’adore,Dior »

Enfin, j’apprécie les publicités qui savent créer de la sensualité. Elles sont plutôt rares car la femme est trop souvent objet et alibi, et n’est pas respectée ni valorisée en tant que telle. J’ai un faible dans ce domaine pour la campagne « J'adore, Dior » de 2011, dont l’égérie est  l’actrice sud-africaine Charlize Théron, une Beauté faite Femme (Oscar hollywoodien 2003 pour son rôle magistral dans « Monster »).

Accompagné par une chanson rythmée , "Heavy Cross", du groupe américain Gossip mené par l'extravagante chanteuse Beth Dito, le film publicitaire a été réalisé par Jean-Jacques Annaud (« La guerre du feu », « L’Ours ») au château de Versailles, et plus particulièrement dans la galerie des glaces, superbe décor baroque du XVII°. On voit Charlize Théron monter l’escalier en marbre à toute vitesse pour cause de retard. Arrivée dans les coulisses,  qu’on appelle dans le langage usité du monde de la mode  le « back stage », l’actrice, qui va se préparer pour un défilé,  se débarrasse promptement de ses lunettes de soleil Dior et de son sac à main griffé Dior aussi, puis embrasse comme du bon pain Grace Kelly, qui fut un moment l’icône de la marque .Elle croise alors le regard envoûtant de Marlène Dietrich, coiffée d’un haut de forme,  et posant dans sa tenue très sexy  et mythique de chanteuse au cabaret de l’Ange Bleu (film de Josef Von Stenberg de 1930), puis s’approche de Marylin Monroe (les sosies des unes et des autres sont parfaits, quelle ressemblance !).La présence de celle-ci dans ces images est un peu un pied-de-nez provocant fait par Dior à Chanel, Marylin ayant été l’ambassadrice de Chanel  N°5 , un concurrent de taille pour les parfums Dior. On se souvient tous de la célèbre réplique de Marylin qui interrogée sur ce qu’elle portait au lit la nuit répondit : « Why ? Chanel N° 5 of course ! ».Se frayant un chemin dans la cohue et l’agitation du backstage, Charlize Théron se fait poser autour du cou de magnifiques colliers Massaï , avant d’enfiler une robe fourreau lamée d’or qui sculpte admirablement son corps.

 Et la voilà pour finir dans la galerie des glaces (photo ci-dessus), sous les sunlights, avançant sur le podium  dans une démarche chaloupée propre aux mannequins, prise de face puis de dos par la caméra de Jean-Jacques Annaud. Charlize  Théron, qui chuchote suavement en conclusion le fameux « J'adore, Dior »,  est sublime, belle, sensuelle. Le moment est « suggestivement » érotique… Frissons garantis !!!

Revoir pub' Evian "Baby and me" :

www.ozap.com/actu/pub-evian-fait-de-nouveau-danser-des-bebes/446674 

Revoir pub "j'adore Dior" :

www.dailymotion.com/video/xkwpan_dior-j-adore-new-film_creation#.UbRQOflb8A  

Fait le 14 juin

Le Floc de Gascogne

« Breuvage » gascon dont les origines remontent au XVIème siècle, le Floc se dit en occitan « Lou Floc », bouquet de fleurs ( www.floc-de-gascogne.fr, site du comité interprofessionnel).

Il résulte d’un mariage subtil et secret au moment des vendanges du jus de raisin frais et du jeune Armagnac, dans des proportions 2/3 -1/3. L’assemblage va reposer tout l’hiver dans des cuves à l’abri de l’air pour naître au printemps. C’est donc un produit jeune, frais (à déguster à 7°) et fruité.

On distingue le Floc blanc et le Floc rosé ( dit rouge dans le langage parlé).Le premier est issu en général de 3 cépages : le colombard, qui donne les arômes d’agrume ; l’ugni blanc , qui apporte une fraîcheur acide avec des arômes de fruits secs ; et le gros manseng pour la rondeur fruitée. Le second, lui, a pour cépages le cabernet franc, (arômes de framboise), le cabernet sauvignon (parfum de fruits rouges), le merlot pour la rondeur en bouche, et le tannat pour la vigueur.

Le Floc de Gascogne se cultive sur 780 ha à cheval sur trois départements (le Gers pour 80% de la production, les Landes et le Lot-et-Garonne). Les 120 producteurs (leur liste est sur le site de l’interprofession) et les 5 caves coopératives vendangent 10.000 hectolitres et commercialisent un million de bouteilles (dont 10% à l’export).

C’est dans ses premières années que le Floc exprime le mieux les arômes et le fruité naturel des raisins, la fragrance des fruits rouges ou de fleurs, d’écorces d’orange, d’épices  ou de violettes libérées par l’Armagnac.

Il est la plupart du temps servi en apéritif, mais il est également un compagnon idéal pour le foie gras, le melon, les pêches, les brugnons (fruits du sud-ouest), le fromage de brebis, les pâtisseries, le chocolat…

Il fait aussi merveille en cuisine, et le site de l’interprofession  présente quelques recettes alléchantes où le Floc prend toute sa part : terrine de foie gras ; pintade fermière du Gers farcie aux pommes ; aiguillettes de veau fermier élevé sous la mère, purée de haricots tarbais et son jus crémé ; raviole de Saint-Jacques, fondue de poireaux et sauce crémée ; poires pochées et crème de fromage blanc au roquefort ; crème brûlée….

Enfin, pour le vingtième anniversaire de l’AOC du Floc,  une douzaine de cocktails a été élaborée  par Sandrine Houdé Grégoire (www.virgincucumber.com ), une barmaid créatrice de saveurs, talentueuse et souvent distinguée, qui officie dans de grands établissements parisiens. En 2008, elle a été ainsi reconnue Meilleure  "Mixologiste" aux Cocktailzone Awards – la mixologie est l’action de créer de nouveaux cocktails.

Ces cocktails originaux et ludiques proposent des mélanges à base de Floc, de légumes et de fruits  et portent des noms tendance, comme La Fée Rouge, Floc Me Up, Floc Trendy, Jazz’ in Floc (clin d’œil à Marciac), Floc Fizz… (voir leur préparation sur www.floc-de-gascogne.fr ). Alors à vos shakers !

Le Floc, en apéritif ou en cocktail, n’est pas qu’un produit masculin. Les femmes s’en sont emparées depuis longtemps, créant en 1980 une Académie des Dames (la première confrérie féminine du genre), qui a pour objet de faire connaître, de promouvoir et de magnifier en toutes circonstances ce produit gascon. Sur la cape des membres de l’Académie se trouve épinglé le  bouquet des trois parfums qui le caractérisent : la prune, la rose et la violette. La devise de ces dames : «  Les capes, les bouteilles, et en avant ! ». Un programme offensif, digne de la convivialité et de la générosité des gens d’ici…

En mai dernier, le Comité Interprofessionnel du Floc de Gascogne a décerné ses Médailles 2013 dans le cadre de son 34ème Concours général ( 46 échantillons présentés par 24 producteurs, dont 24 flocs blanc et 22 flocs rouge).

Un Prix Féminin (issu d’un jury composé exclusivement de femmes) attribua ainsi une Médaille d’Or pour le Floc blanc au Domaine de Polignac à Gondrin et pour le Floc rouge au Domaine Bordeneuve Entras à Ayguetinte (www.domaine-entras.com ) ; et une médaille d’Argent au Domaine des Cassagnoles à Gondrin pour le blanc (www.domaine-des-cassagnoles.com ), et à  la Ferme de Gagnet à Mézin, en Lot-et-Garonne, pour le rouge (www.gagnet.jimdo.com ).A noter que ce dernier lauréat avait été également distingué Médaille d’Or pour son Floc rouge par le Concours Général Agricole 2013, et cela pour la deuxième année consécutive.

Un Prix d’Honneur récompensa avec une Médaille d’Or la Cave des Producteurs réunis de Nogaro pour son Floc blanc, et avec une Médaille d’Argent la Cave Val de Gascogne de Condom pour son Floc rouge (www.valdegascogne.coop ).

Rappelons que le Floc de Gascogne eut aussi pour ce qui concerne le Gers les honneurs du Concours général agricole 2013, avec en Médailles d’Or pour le Floc blanc le Domaine de Tariquet à Eauze (www.tariquet.com ) et le Domaine de Bilé à Bassoues (www.domaine-de-bile.com ), et pour le Floc rouge Daniel Dubos à Larée (www.domainedepujo.fr ).

Fait le 9 juin

 

L'auberge de Bardigues

Ce vendredi 31 mai dernier, nous sommes allés avec un couple de sympathiques amis belges à l’Auberge de Bardigues (www.aubergedebardigues.com ).

Comme son nom l’indique, ce restaurant est situé à  Bardigues (www.bardigues.fr ), petit village de 220 habitants, situé à l’ouest du département du Tarn-et-Garonne, en limite du Gers,  sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle, et à 5 kms d’Auvillar (www.auvillar.fr ), haut lieu historique et touristique, avec notamment sa superbe halle aux grains circulaire pourvue de colonnes toscanes, et ses riches demeures en brique et pierre des XVII ° et XVIII ° siècles.

Face à l’église (pour aller se confesser, après l’avoir commis,  du péché de gourmandise ?),  l’auberge, ouverte depuis 14 ans, s’est acquise  désormais  une flatteuse réputation gastronomique.

Le Guide Gault et Millau qui lui attribue 2 Toques résume bien dans sa notice les qualités de l’établissement : « Il faudrait chaque jour décerner un trophée à l’auberge de Bardigues : celui de l’accueil, naturel et enjoué ; celui du terroir, si bien compris, si proche des recettes régionales et pourtant si joliment fignolé qu’il en devient original ; et celui du cadre, idyllique maison de village calme avec sa terrasse ouvrant sur les collines environnantes. Ciril et sa famille savent mettre en appétit en conjuguant tous ces talents… ».

Les clients viennent de nulle part et de partout, laissant derrière eux , sur le site www.tripadvisor.fr  ( qui recueille les avis des consommateurs sur tous types d’acteurs  touristiques –voyagistes, hôtels, chambres d’hôtes, restaurants…), des commentaires plus élogieux les uns que les autres (plus de 120 aujourd’hui ).

Mon épouse et moi avions déjà fréquenté cette table dans un passé récent , et en avions gardé un souvenir « ému » tant l’assiette nous avait comblé. Cette fois, nous n’avons pas pu profiter de la terrasse , faute à la météo, et nous étions donc installés en salle, dans un décor moderne et coloré, peut-être un peu trop moderne et coloré…(c’est d’ailleurs la seule réserve  que nous ayons à émettre).

Nous avons choisi un menu « Carrefour des Saveurs » fait de « produits d’ici et d’ailleurs », à 30 € par personne pour 3 plats (38 avec le fromage), sans les vins. En entrée : ris d’agneau, gambas et noix de Saint-Jacques, céleri- rave, émulsion de champignons de Paris et éclats de noisette pour trois d’entre nous, et pour le quatrième un rendez-vous canard avec foie gras mi-cuit, samoussa de confit et magret séché. En plat principal : filet de canette, pulpe de petit pois et lardons, oignons nouveaux et jus simple - pour la petite histoire, j’ai demandé un autre accompagnement de légume car j’éprouve une sainte aversion pour le petit pois, ayant fait ,adolescent,  des saisons estivales dans une conserverie qui en traitait des tonnes et qui m’ont dégoûté à tout jamais, de par la vue et l’odeur, de ces graines pourtant si bienfaisantes pour notre alimentation. Enfin, en dessert : pour l’un fraise et rhubarbe, biscuit léger à la semoule, et pour les autres « tout chocolat », avec moelleux au chocolat noir, crémeux chocolat au lait et sabayon chocolat blanc.

Notre choix avait été explicité, avant qu’il ne soit arrêté, par Fabien, le frère du chef, avec un lyrisme et une passion pour le  produit qui rendaient  le discours tonique,  brillant et convaincant (tout le contraire de ces « récitations » ternes et peu motivantes,  auxquelles nous sommes trop souvent confrontés dans les restaurants).

Pour le vin, fort des conseils de Fabien, nous avons pris successivement au verre  un blanc AOC des Côtes de  Duras, racé, nerveux et en même temps délicat et fruité (vignoble de 1.500 ha dans le Lot-et-Garonne exploité par quelques 200 vignerons), Château Molhière (www.molhiere.com ) pour les épouses, et Mont Ramé (www.domainemontrame.com ) pour les maris, tous deux produits en cépage Sauvignon .Pour le rouge, nous avons opté pour un excellent  « vin noir » aux arômes subtils, AOC Côtes de  Brulhois  ( vignoble au sud-est d’Agen), issu  du domaine de Thermes à Auvillar ( 8 ha de vignes), en cuvée de l’auberge dite  « FMT » (« Fan de Mon Terroir »), une preuve de plus de l’ancrage volontariste  de l’établissement  dans son terroir.

Un vrai régal ! Bravo au talentueux chef Ciril (voir sur la photo ci-dessus Ciril, à droite, au côté de son frère Fabien). La cuisine est créative, inventive, savoureuse,  les mets  sont  joliment présentés dans de vastes assiettes .Le service est bien conduit, efficace, avec très peu d’’attente entre les plats malgré le monde présent. Bref, beaucoup de professionnalisme et un bon rapport qualité-prix.

Bien sûr, l’auberge offre d’autres formules de menus : un « A taaable ! » de 18, 14 ou 9 € selon le nombre de plats ( uniquement pour le déjeuner en semaine du mardi au samedi et pour le dîner du mardi au vendredi) ; une invitation « Esprit Gourmand » à 42 ou 50 €, avec des produits « plus classe et plus gourmands » ; et, cerise sur le gâteau, une proposition alléchante (peut-être la prochaine fois…) : « C’est les frères Simon qui décident ! », à 52 ou 67 € , où le chef et Fabien composent eux-mêmes la partition, avec ce que cela suppose de surprises et de découvertes…Les enfants ne sont pas oubliés avec un menu à 13 € dans un mode qui éduquera les papilles des plus jeunes.

Au-delà de la salle et des cuisines, il y a aussi une vie culinaire sur internet grâce à Camille, l’épouse du chef, qui est aux manettes de l'ordinateur. Outre une page « Face de bouc », nom donné par dérision à "Facebook" dans un célèbre sketch des Bodin's, mère et fils, l’auberge dispose d’un  site qui ne se contente pas d’informations classiques et pratiques. Il se veut également blog avec une part belle faite à l’actualité : évènements artistiques, rendez-vous gastronomiques spécifiques,  liés notamment aux fêtes qui jalonnent l’année (Fête des Mères, des Pères, Pâques, Saint-Valentin, Noël, Nouvel An…), soirées thématiques et de découvertes, atelier chocolat pour les enfants, rubrique Tourisme, carnet de recettes ( comme un suprême de pintade en croûte de noix, un calamar comme un risotto, une nage de coquillages et barigoule d’artichauts, un sablé aux cerises et crémeux à la pistache…)…A été créée aussi une belle opération dont la deuxième édition aura lieu en novembre prochain : « Le chef, c’est vous ! » : un couple est retenu pour venir préparer le jourdit ses recettes dans les cuisines de l’auberge sous la houlette du chef Ciril, avant qu’elles ne soient servies aux amis et aux autres clients dans la salle du restaurant et dans des conditions normales de service. Une démonstration participative qui plairait bien à Ségolène Royal !

On peut dire que l’auberge s’applique parfaitement  à elle-même le bel adage philosophique de « l’esprit et de la lettre », énonçant en famille des principes et des buts clairement affichés (l’esprit), et les interprétant fidèlement dans leur mise en œuvre (la lettre).

Ils sont contenus tout entier dans cette adresse mise en exergue sur le site : « L’Auberge de Bardigues, toute une équipe autour de Camille, de Chef Ciril et Fabien, pour un juste équilibre entre la cuisine et le vin, entre la créativité et le rapport qualité-prix, entre le plaisir et le sourire."

Fait le 2 juin

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Commentaires

08.09 | 02:24

notre génération a toujours ressenti un fort penchant pour Denise Glaser n'est-ce pas Thierry ?

...
11.08 | 03:28

Tu nous donnes l'eau à la bouche

...
08.05 | 11:12

Belles descriptions des villes de notre Bretagne qui est si belle mais tant décriée à cause du temps très changeant dans une seule journée!

...
04.03 | 02:39

et dans un autre domaine tournons nous vers une élection à la proportionnelle

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