Points de vues du Gers Carnets

La Table d'Oste à Auch

De temps en temps, avec un couple d’amis belges, nous découvrons un restaurant à partir d’une suggestion tournante.

Nous sommes ainsi passés à table tous quatre à l’auberge de  Grammont, « Le Petit Feuillant », puis à l’auberge de Bardigues (voir mes billets en mars et juin 2013).Curieusement, ces deux premiers rendez-vous étaient en territoire tarn-et-garonnais, à la frontière du Gers.

Cette fois nous sommes restés sur le sol gersois, en nous rendant ce 20 septembre dernier  à « La Table d'Oste » à Auch (oste dans le dictionnaire franco-italien signifie patron, tavernier, cabaretier…).

Situé dans le centre historique de la ville, près de la cathédrale, le restaurant a été repris voilà 9 ans par Camille et Patrick Bonnens, elle en salle, et lui aux fourneaux.

Le couple est fort sympathique comme la cuisine du terroir gascon  qu’ils  promeuvent ensemble dans ce lieu qui compte une trentaine de couverts (avec terrasse à l’extérieur).La salle est petite et rustique, ce qui lui donne beaucoup de charme et d’authenticité.

Le chef, à  l’allure bonhomme et avenante,  porte fièrement boucle d’oreille et moustache à la gauloise (photo ci-dessus, où il mitonne un cassoulet maison), et parle avec passion de son métier et des produits d’ici. Il est un « accro » aussi  de la moto Harley-Davidson : 

 

« Je n’ai besoin de personne

En Harley-Davidson

Je n’reconnais plus personne

En Harley-Davidson

J’appuie sur le starter

Et voici que je quitte la terre

J’irai p’ t’être au Paradis

Mais dans un train d’enfer… ».

 

Et  sur le site internet de la Table d’Oste,  un lien a été créé avec  « Le Journal des Motards ».

Le jour où nous y étions, le restaurant affichait complet, comme presque tous les jours d’ailleurs.

J’ai apprécié de trouver dans la carte l’identité des producteurs locaux auprès desquels Patrick Bonnens se fournit (ce n’est pas si fréquent), dont la fameuse ferme-auberge Tomasella d’Aignan, pour le canard et le foie gras – le domaine a même ouvert depuis 3 ans une boutique à Arles, pour « …aller à la rencontre de cette cité d’histoire où la féria a un goût fort et chaud qui réveille les sens de la gastronomie et du bien-vivre ».

Il y a au menu différentes propositions toutes aussi alléchantes les unes que les autres : à midi, un plat gourmand au gré des saisons et des marchés (12 €), ou un confit de canard (14 €) ; une planche, avec,  en rang d’oignon (pardonnez-moi le jeu de mot), tous les produits du terroir, de la ferme et de son foie gras, présent de l’entrée au dessert (21 €) ; un menu gascon  à 26,50 € (foie gras en terrine ; magret de canard à la moutarde de Gascogne ou daube de canard aux Côtes de Gascogne ; pastis gascon aux pommes et à l’armagnac ou glace aux pruneaux) ; et encore, les incontournables :  le cassoulet aux haricots tarbais, confit et saucisses (18,50€), l’alicuit maison (le pot au feu de canard d’autrefois – 25 €) , la symphonie de foie gras (25 € ).Patrick Bonnens propose également un menu dégustation à 36 € : déclinaison de foie gras ; entre-deux glacé ; petit hambur’Gers gascon et en dessert une assiette-surprise maison.

A la carte, parmi les entrées qui vont de 8 à 15 € : la soupe de garbure façon chef, le foie gras mi-cuit maison et ses petits pains, la croustade au foie gras sauce à la cerise noire et au piment d’Espelette. Pour les plats : émincé de magret de canard à la moutarde gasconne (17 €), ou nature (16 €), ou chèvre et piment d’Espelette (20 €) ; filet de bœuf blonde d’Aquitaine, avec foie gras poêlée façon Rossini (27 €) ; cordon bleu de porc noir avec fromage de brebis et jambon (25 €). Et le soir uniquement : mille-feuilles de filet de pigeonneau et son foie gras poêlée, sauce truffes (26 €) ; chaud-froid de carpaccio de magret et son foie gras poêlée, sauce au Floc de Gascogne (25 €).

Mais la vedette de la maison, outre le homard et son foie gras, est sans conteste le Hambur’Gers gascon, servi avec des mini-flans de légumes. Et beaucoup de clients viennent là pour s’en régaler, notamment pas mal de citoyens belges qui sont appréciés ici pour leur bon coup de fourchette et leur convivialité. C’est ce que nous avons fait nous aussi, nos épouses choisissant le format dit "petit" (20 €) , et nous un format plus « lourd », dit « normal » (27 €), à la mesure de notre féroce appétit…Quelle belle invention gastronomique et quel bel hommage au Gers !  « L’affaire » se présente sous la forme de deux solides magrets superposés, avec en leur milieu un magnifique foie gras poêlée, le tout accommodé avec une sauce dont le chef conserve jalousement le secret. Un régal de saveurs que nous avons accompagnées d’un excellent vin rouge de Saint-Mont ! Nous étions repus, mais nous avons quand même, sans scrupule et par gourmandise, conclu ce moment festif par un agréable dessert : le pastis gascon pour deux d’entre nous, et la glace aux pruneaux pour les deux autres.

Vous l’aurez compris : à la Table d’Oste, nous sommes dans le temple du canard et du foie gras, dont le chef peut travailler jusqu’à 26 sortes différentes !

Il y a même en conclusion de la présentation des menus et de la carte, une ode au foie gras, dite « Commandement du parfait dégustateur de foie gras », signée « Les Passionnés du foie gras Tomasella » :

 

« Selon tes goûts et traditions, avec le pain de ton choix foie gras tu dégusteras.

Selon qu’il soit servi chaud ou froid, en début ou en milieu de repas, avec le foie gras, de grands vins blanc, mais aussi de grands vins rouge toujours tu serviras.

Avec le foie gras, selon tes goûts tu choisiras, mais nature toujours tu préfèreras.

Avec le foie gras, aucun mets ou boisson acide ou amère tu serviras.

Si fête il y a, foie gras tu dégusteras.

Foie gras de canard pour ton plus grand plaisir tu choisiras.

Et toujours se souvenir que le foie gras c’est quand on veut, comme on veut, où on veut et avec qui on veut ».

 

La recommandation faite de l’établissement par le guide Gault-et-Millau résume fort bien le plaisir que nous avons pris à ce repas : « Patrick Bonnens a le sens du produit, de l’assiette sincère, et son expérience lui permet aussi  les  digressions et les fantaisies. Pour une clientèle plutôt traditionnelle mais curieuse, il brode son propre terroir avec assurance, dans un décor de comme chez soi… ».

De la table d’Oste au musée du corbillard…

A la fin du déjeuner, autour d’un armagnac offert par la maison, Patrick et Camille Bonnens nous ont accordé un peu de leur temps pour parler d’eux et de leur parcours. Nous avons ainsi appris qu’ils avaient investi jusque là , avant l’aventure de la Table d’Oste, dans des activités d’hôtellerie-restauration labellisées Logis de France, en Alsace d’abord, puis à Cazes-Mondenard, dans le Tarn-et-Garonne .

J’ai retenu entre autres que dans cette localité se trouvait un musée de l’attelage et du corbillard ! Une autre aventure, une autre passion, celles-là bien insolites, dont j’ai voulu en savoir plus en naviguant sur les eaux d’internet.

Ce musée regroupe  une petite centaine de corbillards » du XVIII, XIX et XX èmes siècles, tirés à l’époque par des hommes ou des chevaux  (l’automobile les remplaça au début du xxe – on a même connu des side-cars aménagés pour porter le cercueil du défunt !). Au Moyen-Age, des bateaux à fond plat, qu’on appelait des corbeillards, faisaient la navette entre Corbeil et Paris pour fournir les denrées et les matériaux de construction. Ils furent utilisés lors de la grande épidémie de peste au XIVème  pour évacuer les nombreux morts, et le mot resta aux convois funèbres.. Récupérés notamment auprès des Maires qui trouvaient  là un moyen facile de s’en débarrasser, les véhicules voisinent dans ce musée des transports d’autrefois  avec des machines et du matériel agricoles, des attelages anciens, des carrosses, des bétaillères…

 Le philocorbien (collectionneur de corbillards) à l’origine du projet, Yvan Quercy, a mis trente ans pour constituer ce musée qui n’a rien de sinistre, bien au contraire. Après tout, disait-il, un corbillard, « ça n’est qu’une charrette peinte en noir et gris, et décorée de tissus ».Un propos qui est une manière comme une autre d’exorciser la mort…

Une mort qui le « fauchera » en 2006 (l’urne contenant ses cendres est à l’entrée du musée !). Son épouse et son fils ont depuis poursuivi l’œuvre d’Yvan par respect pour l’héritage reçu, ajoutant à la collection une belle panoplie de deux roues, solex, mobylettes, motos, scooters, tandems…

Les héritiers n’ont rien modifié à la visite qui s’accompagne de récits, parfois drôles, sur les rites funéraires d’antan, et qui peut être suivie d’un repas typiquement local  au restaurant que tiennent sur place mère et fils, et d’une balade en…calèche, et non pas en corbillard….

Et si les corbillards exposés  sont à la retraite et désormais immobilisés, comme morts, il peut arriver à l’un d’entre eux de sortir de son trépas, pour trouver à  reprendre du service, le temps d’un  tournage de film ou de publicité…

Tournesols

Tournesol , appelé aussi grand soleil, est un mot emprunté à l’italien «girasole » : « qui tourne avec le soleil ».

C’est  une plante originaire d’Amérique, importée en Europe par les Espagnols au XVIème siècle.

On la cultive pour ses grains riches en huile alimentaire de bonne qualité (elle en est l’une des principales sources avec le colza et l’olivier, sachant que colza et tournesol représentent en France 95% des volumes d’huiles alimentaires).On fait également avec les résidus de la graine de l’alimentation animale (les tourteaux), et le tournesol est à la base aussi d’un agro-carburant  pour les moteurs diesel.

L’huile de tournesol est appréciée pour sa richesse en vitamine E (antioxydant) et en oméga 6 (apport énergétique), et son faible niveau d’acides gras.

Ici, la culture du tournesol , qui s’échelonne d’avril-mai à septembre-octobre, est importante et emblématique de l’agriculture gersoise (n’oublions pas que 75% des terres du Gers sont exploitées).

Je n’ai pas de chiffre néanmoins sur ce qu’elle représente en superficie et tonnes récoltées dans notre département.

Au plan national, on recueille par an sur 700.000 hectares  1,5 millions de tonnes de grain qui rendront environ 500.000 tonnes d’huile.

Un ami agriculteur me confiait qu’un hectare produisait de 15 à 30 quintaux de grains (un quintal = 100 kgs), selon les conditions météorologiques et les variétés de tournesol, la bonne moyenne en termes de rentabilité se situant autour de 25 quintaux.

Les grains récoltés sont envoyés en coopérative et dirigés ensuite par celle-ci vers une huilerie, notamment à  Sète. En général,  les huileries sont basées dans des villes portuaires, mais elles peuvent se trouver  aussi à proximité des zones de production, comme à Compiègne par exemple.

Au-delà de ces chiffres, ce qui m’interpelle le plus est la vie même du tournesol dans son champ. Je suis très sensible, comme beaucoup de gens, à la beauté irradiante et resplendissante de sa fleur, dont la couleur éclatante tapisse un moment, telle une marée jaune, de grands espaces de notre région. Quelle féérie pour l’œil, quelle majesté chez cette plante dressée fièrement sur sa haute et droite tige ! L’envie nous prend d’effeuiller cette marguerite géante : « Je t’aime un peu, beaucoup… ».

Malheureusement, l’émotion, l’émerveillement né de ce spectacle à ciel ouvert, sont  de courte durée. Car la plante et la fleur fanent très vite, flétrissent, se rabougrissent, se courbant vers le sol dans un geste de lassitude, de tristesse et de mort programmée. La fleur perd sa tunique d’or pour se maquiller en  gris-marron funèbre et sinistré, au point que les champs, si gais et pimpants jusqu’alors,  se transforment  en autant de cimetières de tournesols. Mes marches de ces deux dernières semaines me font côtoyer les résultats de cette impitoyable évolution, alors que celles d’avant me rendaient si joyeux et plein d’allégresse de par la vision d’un tournesol épanoui et ensoleillé.

Et à l’heure où le tournesol rendra définitivement  l’âme et où la faucheuse lui donnera  le coup de grâce (c'est pour bientôt), lui sera dès lors assigné une  finalité  purement économique et commerciale, qui satisfera tous les acteurs de la filière et les consommateurs que nous sommes. Les esthètes de la fleur, dont je suis, (son image accompagne d’ailleurs la signature de nos courriels gmail) regretteront eux les instants de grâce éphémère de « mademoiselle soleil ».

Est-ce à dire que c’est parce que la fleur se tourne vers le soleil qu’elle a si belle allure ?

Ce n’est pas tout à fait vrai. Certes, la plante est attirée par la lumière, c’est ce qu’on appelle le phototropisme .Mais la principale hormone de croissance du tournesol, l’auxine, n’apprécie pas la lumière et se concentre dans la partie la moins ensoleillée de la tige, qui va donc se développer plus rapidement (l’auxine favorise en fait la croissance en longueur des cellules, surtout aux extrémités de la tige et au niveau des racines).Ce déséquilibre de développement  donne l’impression que la tête du tournesol s’incline vers le soleil alors que non. Simplement, le poids de la fleur force l’inclinaison à partir du point le moins haut. C’est exactement comme lorsqu’on porte un sac lourd à bout de bras : la main qui le porte s’incline vers le bas entraînée par le poids.

Je me dis que le destin du tournesol est vraiment ingrat et injuste,  car les autres plantes cultivées, tel le blé, grandissent en vigueur et en promesse, étant ramassées, elles, non pas au moment de leur navrant déclin, mais au faîte de leur puissance et de leur  rayonnement, ne nous laissant donc  qu’un souvenir avantageux.

Différents artistes ont rendu, chacun à leur manière, un hommage souligné à la fleur.

Tel Van Gogh, qui  a peint, durant son séjour à Arles, sur la période 1888-1889, huit tableaux de tournesols saisis à différentes étapes de son développement. Ces œuvres , qui se trouvent dans des musées ou chez des collectionneurs richissimes, sont désormais  hors de prix, à la mesure du talent de ce peintre, qui ne fut malheureusement pas reconnu de son vivant, ce qui lui valut de mener une existence misérable.

Jean Ferrat s’est emparé de cette criante  injustice dans la chanson « Les Tournesols » pour la dénoncer à travers le cas particulier d’un magnat japonais de l’assurance qui a acquis en 1987 pour plus de 40 millions € l’un des tableaux concernés, l’enfermant par sécurité  dans un coffre ( !), eu égard à la valeur inestimable de la toile.

Je reproduis ci-après l’intégralité des paroles de la chanson car elles ne laissent pas  indifférentes et sont particulièrement bien écrites :

 

« Mon prince  noir et famélique

Ma pauvre graine de clodo

Toi qui vécus fantomatique

Et peignant tes vieux godillots

Toi qui allais la dalle en pente

Toi qu’on jetait dans le ruisseau

Qui grelottais dans ta soupente

En inventant un art nouveau

T’étais zéro au Top cinquante

T’étais pas branché comme il faut

Avec ta gueule hallucinante

Pour attirer les capitaux

 

Mais dans un coffre climatisé

Au pays du Soleil-Levant

Tes tournesols à l’air penché

Dorment dans leur prison d’argent

Leurs têtes à jamais figées

Ne verront plus les soirs d’errance

Le soleil fauve se coucher

Sur la campagne de Provence

 

Tu allais ainsi dans la vie

Comme un chien dans un jeu de quilles

La bourgeoisie de pacotille

Te faisait le coup du mépris

Et tu plongeais dans les ténèbres

Et tu noyais dans les bistrots

L’absinthe à tes pensées funèbres

Comme la lame d’un couteau

Tu valais rien au hit-parade

Ni à la une des journaux

Toi qui vécus dans la panade

Sans vendre un seul de tes tableaux

 

Mais dans un coffre climatisé

Au pays du Soleil-Levant

Tes tournesols à l’air penché

Dorment dans leur prison d’argent

Leurs têtes à jamais figées

Ne verront plus les soirs d’errance

Le soleil fauve se coucher

Sur la campagne de Provence

 

Dans ta palette frémissante

De soufre pâle et d’infini

Ta peinture comme un défi

Lance une plainte flamboyante

Dans ce monde aux valeurs croulantes

Vincent ma fleur mon bel oiseau

Te voilà donc Eldorado

De la bourgeoisie triomphante

Te voilà star du Top cinquante

Te voilà branché comme il faut

C’est dans ta gueule hallucinante

Qu’ils ont placé leurs capitaux

 

Mais dans un coffre climatisé

Au pays du Soleil-Levant

Tes tournesols à l’air penché

Dorment dans leur prison d’argent

Leurs têtes à jamais figées

Ne verront plus les soirs d’errance

Le soleil fauve se coucher

Sur la campagne de Provence. »

 

Fait le 22 septembre

Journées du Patrimoine / Flamarens, château, église...

Voilà trente ans maintenant qu’ont été lancées par le Ministère de la Culture les Journées du Patrimoine, avec le succès populaire qu’on sait.

Elles avaient lieu ce week-end dernier, ces 14 et 15 septembre, avec pour thème la célébration du centenaire de la loi de 1913 qui fixa le cadre du classement du patrimoine sous le label  d’Etat des Monuments Historiques.

Politique de sauvegarde du patrimoine

Les politiques publiques de sauvegarde du patrimoine ont toujours été en France volontaristes (bien qu’aujourd’hui les budgets manquent cruellement), initiées par des précurseurs tels que Prosper Mérimée, historien, écrivain (1803-1870), auteur de nouvelles comme « Mateo Falcone », « Colomba », « Carmen », d’où fut tiré le célèbre opéra de Georges Bizet en 1875.

Il fut également archéologue et occupa les fonctions d’Inspecteur général des Monuments Historiques, à ce titre infatigable  protecteur  du patrimoine – il entreprit, entre autres, avec l’architecte Eugène Viollet-le-Duc, de sauver des ruines la basilique de Vézelay, la cathédrale Notre- Dame de Paris, la Cité de Carcassonne…

La France est immensément riche de monuments  de  par son histoire et son passé religieux. Aujourd’hui,  49.236 édifices sont protégés, dont 14.546 sont classés Monuments Historiques (pour leur intérêt remarquable au plan national) et 29.260 inscrits à l’Inventaire des Monuments Historiques (pour leur intérêt remarquable au plan régional).

Il y a aussi 260.000 objets protégés au titre des Monuments Historiques, 104 secteurs sauvegardés (ensembles urbains présentant au plan national un intérêt historique, culturel et esthétique), 678 zones de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager, 800 périmètres de protections modifiées (pour élargir une zone de protection dans les abords d’un monument classé ou inscrit), 67 villes d’art et d’histoire (Auch en fait partie). Ont été labellisés par ailleurs  949 édifices (au titre du patrimoine du XXème siècle), 198 maisons (label des Maisons Illustres) et 385 jardins (label des Jardins Remarquables).Enfin, 38 biens culturels et naturels de notre pays  ont été classés par l’UNESCO au titre du patrimoine mondial immatériel, comme les tapisseries d’Aubusson, le compagnonnage, le repas culinaire français, un hommage à notre gastronomie…

C’est dire notre fantastique richesse patrimoniale, nonobstant les révolutions et les guerres qui ont tant saccagé et brûlé. Et même s’il en coûte à l’Etat et aux collectivités locales, et donc à nous contribuables, je suis le premier à m’en féliciter. Pour relativiser la dépense, il faut savoir que l’Etat consacre bon an mal an 300 millions € pour la restauration et l’entretien des monuments historiques quand le besoin de conservation est estimé à près de 11 milliards €…

Je crois  qu’une large majorité de nos concitoyens ont pour leurs monuments, même les plus quelconques, un fort attachement.

J’ai à l’esprit l’exemple d’un petit village qui a fait de parler de lui récemment. Son église, sans intérêt architectural particulier, nécessitait des travaux de consolidation très lourds, trop lourds,  pour le budget communal. Le Maire était tenté pas un projet de destruction de l’édifice. Mais devant les nettes réserves de la population, il organisa un référendum don t il résulta qu’à 70% les habitants étaient opposés à ladite destruction.

Visites à  Flamarens - « Des ruines douées d’avenir »

Le château

Dans le Gers, les Journées du Patrimoine ont concerné ce week-end écoulé une centaine de communes  et plus de 150 sites (églises, châteaux, villages…), sans compter les concerts, animations et expositions proposés en complément ici et là.

Nous avons choisi pour notre part de visiter le château de Flamarens  (à 30 minutes de Fleurance, voir photo ancienne ci-dessus), classé Monument Historique. – il est ouvert également en juillet-août tous les jours, sauf le mardi (Flamarens est une commune située sur le chemin nord de Saint-Jacques de Compostelle).

Construit au XIIIème siècle sur une motte féodale (d’où un point de vue incomparable sur les paysages d’alentour), le château est l’un des spécimens les plus représentatifs de l’architecture seigneuriale gasconne. Apporté en dot à la nièce du Pape Clément V en 1289, il devient par la suite l’apanage des de Galard (un Béguier de Galard est cité seigneur de Flamarens dans un acte d’inféodation du 15 juillet 1459), puis la propriété de la maison de Grossoles, de 1466 jusqu’en 1882.

Utilisé comme forteresse lors de la guerre de 100 ans, il lui est ajouté en 1469 un corps de logis et un donjon d’une stature  impressionnante. Au XVIIe et au début du XVIIIe, le château va connaître l’apogée de sa splendeur : les pièces intérieures sont luxueusement aménagées, les plafonds en gypserie alternent avec des poutres ornées de scènes de chasse, trumeaux et cheminées de marbre ajoutant au décor et au confort des lieux.

Le déclin de l’édifice s’amorce dans les années 1880 et faute d’argent le château est définitivement abandonné au début du XIXe et vendu en « pièces détachées ». En juin 1943, un incendie provoqué par la foudre achève de ruiner les toitures, provoquant peu à peu l’effondrement des planchers.

Au début des  années 80, arrive alors, tel un Zorro, Jacques Gadel, publicitaire parisien, venu dans le sud-ouest pour trouver un pied-à-terre de vacances. Il tomba amoureux du château de Flamarens, (« Des ruines douées d’avenir », René char), en fit l’acquisition et s’engagea aussitôt dans un chantier pharaonique de restauration  qui durera jusqu’à sa mort en 2010.Une belle aventure humaine, à l’instar de celle du château voisin de Grammont, qui conduira à la rénovation désormais bien avancée de l’édifice, avec  une détermination, un courage, et une abnégation exceptionnels, presque un sacrifice de soi,  qui forcent l’admiration. L’état  de décomposition de ce château était tel que durant les premiers temps Jacques Gadel squattera l’endroit, dormant dans sa Renault 4L, jusqu’à ce que la maison de gardien soit à nouveau habitable.

Nous avons à l’entrée fait la connaissance de l’un des deux fils de Jacques Gadel,  Arthur, et de son épouse, qui sont désormais les gardiens du lieu et de la mémoire du père, animés du désir de poursuivre l’œuvre de celui-ci. Ils demeurent à leur tour sur place et ont été à l’évidence contaminés par la passion et l’énergie du papa. Le propriétaire me confiera le ras-le-bol qu’il a de Paris où il est basé professionnellement, et sa forte envie de quitter  l’enfer de la capitale pour s’épanouir ici (« La vraie vie est ici », Arthur Rimbaud).

Au cours de la visite du rez-de-chaussée et du 1er étage (le second est réservé à la famille), nous avons pu constater de visu le travail colossal de rénovation entrepris pendant plus de vingt ans, même s’il reste beaucoup à faire. Les plafonds  à la française, avec leurs poutres, ont été entièrement refaits (sur une photo prise au moment du chantier, on voit Jacques Gadel en personne faire avancer une énorme poutre sur une sorte de petite planche à roulettes), les fenêtres à meneaux, les sols et les cheminées aussi. Ce qui a redonné aux pièces de l’étage, de hauteur et de taille imposantes,  toute leur noblesse d’antan. Les murs extérieurs et les ouvertures ont été également restaurés, ce qui impressionne quand on voit sur des clichés de l’époque à quel point de délabrement  ils étaient parvenus,  longues et béantes  fissures à l’appui. Il a fallu deux ans pour rebâtir un niveau, chaque niveau étant réalisé en conservant les formes et les matériaux du lointain passé.

Pour  insuffler au lieu une âme et lui donner plus de résonance, Marie-Hélène et Arthur Gadel ont créé en 2011 les Musicales de Flamarens , un festival de la chanson française  qui se déroule au mois d’août dans la cour du château. Ils sont accompagnés dans leur entreprise par l’association Art-Terre 32, dont l’objet est de faire vivre le cœur du village à travers toutes initiatives artistiques appropriées. Belle union de circonstance en milieu rural entre le patrimoine et la musique !

L’ église Saint-Saturnin

Juste à côté du château, mitoyenne, l’église Saint Saturnin de Flamarens, inscrite à l’inventaire, a connu les mêmes cruelles déconvenues que le château. Nous l’avions déjà visité à plusieurs reprises, en tout cas ce qu’il en reste, à l’occasion de la Ronde annuelle  des Crèches du canton de Miradoux (voir mon billet en décembre 2012 sur cette manifestation).Surprise : nous avons retrouvé là le maître du château prêtant main forte au Maire du village lui-même, Xavier Ballenghien, pour quelques menus travaux.

Des travaux, il en faudra, et des monstrueux, et des coûteux, pour mener à bien la reconstruction de cette église.

Commandé par le seigneur local en 1520 et achevé en 1545, l’édifice forme avec le château un ensemble unique dans tout le sud-ouest, et a été  incorporé au Moyen-Age au système défensif de celui-ci. Surplombant le village, l’église fut ainsi  l’ultime refuge des habitants.

Construite en partie sur un mur d’enceinte, avec un remblai mal stabilisé, l’église connut, hélas !, au fil des siècles bien des désordres. Les menaces d’effondrement qui résultaient de cette situation conduisirent à la fermeture de l’église en 1956 et à son abandon. En 1971, la toiture et les voûtes s’écroulent, année même  où un devis de l’architecte des Bâtiments de France laissait apparaître que des travaux de sauvegarde pouvaient être envisagés pour 3 millions de francs ( anciens francs), subventionnés à hauteur de 40%.Mais la municipalité communiste et anticléricale de l’époque se refusa à toute intervention, laissant s’aggraver les dommages au point que le mur sud de la nef s’écroula à son tour en 2004.

Grâce à la création de l' association des Amis de Flamarens en 1976 , à l’arrivée en 2001 d’une nouvelle équipe municipale et à une collaboration avec la Fondation du Patrimoine pour asseoir une politique active de mécénat en direction des entreprises et des particuliers (la dernière souscription ouverte a rapporté un peu plus de 19.000 € - les dons sont déductibles à 66% de l’impôt sur le revenu pour les particuliers et à 60% de l’impôt sur les sociétés pour les entreprises). Grâce à la coopération des uns avec les autres, diverses actions se sont succédé au fil du temps. D’abord, pour entreprendre quelques consolidations provisoires afin de stopper l’effondrement des maçonneries en soutenant les murs instables, et ensuite pour mettre en place des campagnes de sauvegarde et de restauration progressives  de l’édifice, la nature et l’ampleur des travaux à engager étant bien entendu fortement dépendantes des subventions et des dons qu’il sera possible d’obtenir au fil des années.

Le Maire de Flamarens  était fier de nous montrer  la réfection toute récente du mur- clocher et de la tour de guet, une étape de plus, et non des moindres,  dans la renaissance de l’église. Prochaine étape d’envergure, mais quid des financements, le relèvement du mur de la nef (à coup de micro –pieux, longrines, barrettes), et la couverture de l’édifice pour mettre celui-ci définitivement hors d’eau. Une étude de la Direction régionale des Affaires Culturelles et des services départementaux est prévue en 2015 pour établir un projet financièrement supportable pour les années qui viennent.

Patriotisme patrimonial

Je quitte Flamarens séduit par cette volonté de fer, et il en faut, que l’homme démontre ici pour ne pas renoncer, et reprendre date avec son histoire et avec les témoins de celle-ci.  Quelle conjugaison d’efforts, de patience, d’obstination, de ténacité, de foi dans l’action ! Quel pari sur l’avenir pour un petit bout de territoire où vivent 150 habitants ! Et quel bel exemple, quelle belle leçon de patriotisme patrimonial ! On imagine pourtant les déceptions, les découragements, les désillusions, qu’une telle aventure comporte. On en admire que davantage de la voir persévérer et se concrétiser petit bout par petit bout, chantier après chantier…. !

Il y a en France  beaucoup de « Flamarens », avec  un peu partout sur le territoire  des bataillons en ordre de marche,  à l’esprit « commando », constitués de Maires, de nombreux autres élus (régionaux, départementaux, municipaux), de responsables publics, des 3.500 associations locales de protection et de mise en valeur du patrimoine et des paysages, qui organisent notamment de nombreux chantiers bénévoles ici et là  (au plan national, outre la Fondation du Patrimoine, je pense également à l’association des Vieilles Maisons Françaises ) , de mécènes (notamment fondations d’entreprise, fonds de dotation), de propriétaires de châteaux, qui sont autant de précieux « veilleurs » pour  la sauvegarde de nos monuments, petits ou grands.

 Pierre Benoit, "Flamarens"

"Flamarens" est par ailleurs le titre d’un livre de l’écrivain français Pierre Benoit. L’auteur, membre de l’Académie Française, (1886-1962), à qui ont doit des romans très populaires et flamboyants, au succès considérable, comme « Koenigsmark » (le premier ouvrage sorti dans la collection « Le Livre de Poche »), « L’Atlantide », tous les deux adaptés au cinéma, ou encore « Mademoiselle de La Ferté », a publié « Flamarens » vers la fin de sa vie, en 1959.

 L’histoire, qui débute en 1890, est pour le moins « abracadabrantesque ». Elle a pour toile de fond le Japon et mêle aux protagonistes de ce pays un marquis de Flamarens (inspiré probablement par la lignée des de Grossoles), et son ami M. Charles de Mazade. Ce dernier a bien existé : il fut historien, journaliste, chroniqueur politique à « La Revue des Deux Mondes », et membre de l’Académie Française. Né en 1820 et mort en 1893, il est enterré à Flamarens. Pierre Benoit n’a pu le connaître puisqu’au décès de celui-ci l’écrivain n’avait que 7 ans. Il est cependant probable que c’est à M. de Mazade qu’on doit le titre du roman et les allusions fréquentes au village et à la région, d’autant que dans les premières pages du livre, qui rapporte des entretiens du marquis en son château  avec  l’intéressé, l’auteur évoque à son sujet «…sa chère et modeste maison de Flamarens », d’où sans doute son inhumation plus tard dans le cimetière de la commune.

Je lis actuellement cet ouvrage qui m’a aimablement été envoyé par M. Bernard Vialatte, le Président de l’association des Amis de Pierre Benoit. Il a joint pour la circonstance le n° XII des Cahiers  de l’association (2002) qui contient quelques articles en rapport avec « Flamarens ». Et notamment la reproduction d’un mot manuscrit de l’écrivain Amélie Nothomb qui se moque gentiment du Japon de rêve et de fiction décrit par Pierre Benoit, elle qui est une grande spécialiste de ce pays qui sert de trame à plusieurs de ses romans et où elle a vécu à différents moments de sa  vie. Se trouve aussi dans ces Cahiers une note d’humeur de Maurice Thuilière,  écrivain, Vice-Président de l’association des Amis : « Flamarens, ou qu’est ce qu’un mauvais roman de Pierre Benoit ? ».C’est dire si cette œuvre de Pierre Benoit, au demeurant mineure, ne fait pas l’unanimité chez les amis de l’auteur…

Fait le 20 septembre

 

 

Anniversaires en septembre : Gers, marche, blog...

Septembre est pour moi une période d’anniversaires.

D’abord, c’est le 12 septembre, soit aujourd’hui même, qu’en 2009, fort de ma retraite, nous nous sommes installés dans le Gers, et plus précisément à Fleurance.

Ensuite, c’est le 13 septembre 2011 qu’à la demande expresse de mon médecin (mes feux étaient au rouge !) j’ai démarré mes sorties pédestres  .Deux heures et douze kilomètres pour la première ! Montant en puissance, je pris peu à peu l’habitude de marcher tous les jours selon  un rythme soutenu .Trop sans doute, compte tenu de mon âge, et mon corps me l’a fait payer en enrayant ma mécanique articulaire et musculaire.J’ai donc depuis ces alertes ralenti mes courses et adopté aujourd’hui le principe d’une marche sportive tous les deux jours en  moyenne, sur un temps de 1 h.30/1 h. 45.

Enfin, c’est en septembre 2012 (je ne sais pas la date exacte) que j’ai ouvert mon blog « Points de vues du Gers ».

Ces trois « évènements » n’ont pas forcément grand chose en commun. Mais à y regarder de près, ils ont produit sur ma personne les mêmes effets positifs.

En effet, vivre dans le Gers,  marcher sur ses petites routes, écrire, me procurent une sérénité et  un équilibre fantastiques.

Depuis quatre ans, je vérifie jour après jour  la qualité de vie ici. C’est ce que nous étions venus chercher et nous ne sommes pas déçus. Pas de stress, pas de speed, pas d’embouteillages, pas d’agressivité dans les rapports humains. Que de la gentillesse et de la générosité. Les gascons disent volontiers : « Il n’y a pas de problème », une philosophie de vie qui se traduit par des comportements assurés et tranquilles, mais peut-être parfois un peu trop approximatifs. Mais c’est cela le charme du Gers, et il ne faut pas s’en priver ! Il faut ajouter à cet environnement humain favorable un climat idéal, qui offre des températures douces la plupart du temps et l’été un soleil qui n’est pas avare de ses rayons.

Je me rappelle avoir traduit cette quiétude propre au Gers dans les quelques mots rédigés à l’occasion de nos vœux 2012 :

« Le bruit du monde arrive ici à peine entendu, quasi - étouffé.

Tant le Gers est doux, aimable, équilibré et paisible.

Puisse votre vie être au diapason de cette plénitude et de ce bonheur gascons ».

 Quant à la marche, inutile d’insister sur les bienfaits physiques et psychologiques qu’elle me procure. Seul avec moi-même, j’éprouve un sentiment de plénitude et de liberté incomparable. Ma pensée vagabonde délicieusement et mon regard s’émerveille, sans se lasser, de ces douces collines qui font le Gers « bossu ». Chaque détour du chemin emprunté réserve d’ailleurs une nouvelle et fort agréable surprise visuelle.

Je pense à Rimbaud : « Sensation » (court poème que je viens d’apprendre)

 

« Par les soirs bleus d’été, j’irai dans les sentiers

Picoté par les blés, fouler l’herbe menue :

Rêveur, j’en sentirai la fraîcheur à mes pieds.

Je laisserai le vent baigner ma tête nue.

 

Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :

Mais l’amour infini me montera dans l’âme

J’irai loin, bien loin, comme un bohémien,

Par la Nature, heureux comme avec une femme. »

 

S’agissant de l’écriture, elle participe de mon épanouissement au même titre que la marche. C’est une occupation saine et vive  de l’esprit. C’est aussi un plaisir et une satisfaction d’aligner les mots et de structurer le propos. C’est également un enrichissement intellectuel car chaque sujet abordé dans mon blog suppose un approfondissement de mes connaissances pour être bien traité et rapporté. Je regrette un peu de n’écrire qu’avec l’ordinateur et jamais avec la plume. Mais que de facilités offre l’informatique ! On peut à tout moment, et sans laisser de traces,  supprimer, modifier, ajouter, corriger….Et de surcroît votre écran vous signale en direct les fautes commises !

 Septembre, le mois du commencement donc : arrivée dans le Gers,  point de départ de mes randonnées, ouverture de mon blog…

 Septembre 2013 ne faillira pas à la règle puisque je viens de lancer ces jours derniers, avec l’aide de mon épouse et de quelques amis, « Les Rencontres bimestrielles  du Clos des Cèdres » (c’est le nom de notre maison).

 Il s’agira le temps d’un rendez-vous (une fois tous les deux mois) de mettre en valeur un évènement ou un acteur gersois du domaine économique, culturel, artistique, touristique….

La rencontre aura lieu chez nous  ou sur le site  d’activité de l’invité (entreprise, commerce, atelier d’artiste, galerie d’art, musée, lieu culturel, restaurant, jardin, ferme, église, chais, etc…).

Nous chercherons à privilégier des gens passionnés par ce qu’ils font et qui aiment partager avec d’autres leur aventure.

Notre hôte évoquera ainsi son itinéraire, son travail, son œuvre,  d’où il est parti,  où il en est, et où il compte aller, et le jeu des questions-réponses  sera ensuite lancé.

Notre premier rendez-vous aura lieu le 7 octobre prochain pour rencontrer les acteurs de CIRCa, pôle culturel et circassien d’Auch. Ils nous présenteront la programmation de la saison 2013-2014, et nous visiterons aussi à cette occasion leurs installations, architecturalement très innovantes, ainsi que les coulisses (il y a toujours beaucoup à apprendre de l’envers du décor).

Septembre, le meilleur mois du calendrier ?

Le mois des envies, des projets, des résolutions, comme il s’impose  pour  le mois dit de rentrée ?

Je ne suis pas loin de le penser, en tout cas pour ces dernières années.

Fait le 12 septembre

Amélie-les-Crayons / Matthew Weinberg

J’ai découvert tout à fait par hasard une magnifique chanteuse d’une trentaine d’années, née à Vienne (Isère) : Amélie- les- Crayons (photo ci-contre – www.amelielescrayons.com  , site officiel, ou www.amelielescrayons.free.fr ), nom en rapport sans doute avec les crayons qu’elle utilise pour fixer le chignon de ses cheveux, un peu à la manière d’une geisha japonaise. La légende veut que par ailleurs elle ait interprété lors d’un stage de théâtre la chanson de Bourvil « Les crayons ».

« … Elle vendait des cart’ postales

Puis aussi des crayons

Car sa destinée fatale

C’était d’ vendr’ des crayons

Elle disait aux gens de la rue

Voulez-vous des crayons ?... »

 Auteur des musiques et des textes de ses chansons, elle compose et chante depuis les années 2000 et engrange de plus en plus de succès, fort de ses 4 CD (« Le chant des coquelicots en 2002 ; « Et pourquoi les crayons » en 2004 ; « Le porte-plume » en 2007 ; « Jusqu’à la mer » en 2012) et de 2 DVD enregistrés. S’y ajoute une ronde ininterrompue de tournées (200 concerts à ce jour) qui affichent désormais souvent  complet . Les rendez-vous qui ont beaucoup compté pour sa notoriété : le Printemps de Bourges en 2004 et les Francofolies de La Rochelle en 2008, où elle enflamma le public et reçut en retour des volées d’ovations.

Pris d’un véritable « coup de foudre », j’ai écouté et écouté encore tout ce que j’ai pu trouver sur internet (spectacle en live, enregistrements), marquant une nette préférence pour « Ta p’tite flamme », belle et émouvante déclaration d’amour. Mais il faut aussi  entendre, parmi bien d’autres, « Mon docteur », « La maigrelette », « La valse du danseur de lune », « La garde-robe d’Elizabeth », « Le paillasson », « Le linge de nos mères »….

Après avoir fait des études d’art dramatique et de théâtre de rue à Lyon, Amélie-les-Crayons se lance petit à petit dans la chanson.Elle reçoit peu à peu un accueil enthousiaste et assied progressivement  une réputation, sur scène comme sur disque, qui ira croissante, et qu’elle mérite amplement.

Je suis même surpris de ne pas avoir entendu parler d’elle plus tôt tant son talent est fantastique. Il faut dire que les médias préfèrent toujours les chanteuses sexy et à paillettes que les chanteuses à textes, les vraies (cf par exemple le tohu-bohu médiatique qui vient de se produire à propos de la présence à Bercy de Mylène Farmer).Une exception avec « Télérama » qui n’est pas avare de compliments à son égard, lui accordant de surcroît sa meilleure note musicale (« On aime passionnément ») pour ses albums « Le porte-plume »  et « Jusqu’à la mer ».

Et  Amélie-les-Crayons a déjà raflé quelques belles distinctions : le coup de cœur de l’Académie Charles Cros en 2003 puis le Grand Prix en 2007 ; en 2004 le prix du jury et du public au festival « Alors chante » de Montauban,  et le prix Félix Leclerc à Montréal (une prestigieuse référence)  ; le prix de la chanson à Charleroi (Belgique) en 2005 ; le « Best européan album JPF Music Awards » en 2009…

Amélie-les-Crayons est inclassable. Elle ne se contente pas de chanter, elle joue du piano (sur lequel « poussent » des fleurs), de la guitare, de l’accordéon,  met en scène son spectacle comme une véritable pièce de théâtre et de cirque (on pourrait tout aussi bien se trouver sous un chapiteau), comédienne dans l’âme, vêtue comme une fée,  et entouré par trois musiciens. Ils sont aussi ses choristes et jouent de nombreux instruments :  de la mandoline à la flûte, en passant par la clarinette, l’harmonica, la lyre, le banjo, le violon, la basse, le kora (instrument africain à cordes)-, et des percussions, dont le glockenspiel, composé de lames de métal mises en vibration à l’aide d’un maillet ou d’un clavier.

Son tour de chant, qui respire le bonheur et la joie de vivre, est dansant, entraînant, s’inscrivant dans un univers  où la poésie, le rêve, la magie, l’humour, la tendresse, le charme,  alternent au gré des textes et des musiques  déclinés (Amélie-les-Crayons est à la chanson ce qu’Amélie Poulain-Audrey Tatou est au cinéma).

Ce joli petit bout de femme mutine et espiègle, à la silhouette légère et  gracieuse,  à la voix fine, au chant solaire, livre des mélodies dépouillées, touchantes, intelligentes, presque hors d’âge, qui rappellent si bien Anne Sylvestre, laquelle revient d’ailleurs sur scène, à 79 ans, à « La Cigale », à Paris,  en janvier prochain.

J’ai parlé de hasard concernant ma découverte d’Amélie-les-Crayons. Un hasard heureux qui résulte d’un contact sur le net avec le site de Matthew Weinreb. Ce lui-ci est un photographe professionnel d’origine anglaise,  qui vit depuis plusieurs décennies  sur  la commune de La Sauvetat (à 12 kms de Fleurance), au lieudit au nom un peu sinistre : «La  Tombe »...Ce qui n’est pas sinistre, loin s’en faut, c’est le cadre de vie qui est le sien : perchée sur une hauteur en pleine nature, isolée, sa maison est un puits de lumière, la pièce principale offrant par ses  baies vitrées géantes  une vue incomparable sur les environs.

Marchant souvent dans le secteur, mon attention avait été attirée il y a déjà un certain temps par un panneau directionnel au nom étrange et poétique , « Le Hameau Imaginaire », qui a excité ma curiosité. Après m’être renseigné sur Google, j’ai ainsi appris, site internet à l’appui (où j’ai admiré en passant son travail de photographe), que c’était là le lieu de vie de ce Matthew Weinberg.

Je m’y suis donc rendu un jour suivant et fis au débotté la connaissance de Matthew et de sa demeure hors du commun, une ancienne ferme de 200 ans d’âge entièrement rénovée.

Je l’ai depuis revu à quelques reprises, l’homme étant fort enraciné dans notre région et connu de tous. Ici à un vernissage d’exposition, là sur un marché, là encore à un vide-grenier où il s’évertuait à vendre quelques vieilleries.

L’homme est sympathique, bon vivant, et joue de surcroît dans un trio de jazz et de swing, « Loup-Matou and the Brothers of Sing », qui se produit dans les fêtes locales.

Très récemment l’envie m’a repris de retourner sur son site internet. Bien m’en a pris.

D’abord parce que le site en question a été entièrement renouvelé.

Accessible par www.imatt.me , il propose plusieurs entrées : l’une pour constater le rendu photographique  de Matthew dans le domaine architectural et paysager, où il excelle (c’est le cœur de son métier), avec  des vues extérieures ou intérieures de constructions modernes et innovantes, de clichés de villes de jour ou de nuit (Paris, Londres, New-York, Prague,  Venise…), de propriétés françaises, de portraits, de rubriques insolites comme les voitures à Cuba (de vieilles américaines à bout de souffle qui « cimetièrisent » dans les rues de La Havane ou d’ailleurs )…

Autre entrée : des photos de mariage. Un ravissement, une luminosité et un jeu de contrastes sans pareil ! Matthew sait saisir à la perfection les regards et les sourires tout en bonheur des heureux mariés et de leurs invités .Du romantisme à l’état pur !

Troisième entrée, qui correspond d’ailleurs à l’ancien site internet,  : la présentation de l’école de formation à la photographie d’architecture et de paysages installée sur place par Matthew (www.lehameauimaginaire.com ). J’ai le sentiment que cette école néanmoins est toujours à l’état de projet .Mais la lecture de ces pages est l’occasion de découvrir l’extraordinaire beauté des clichés pris par l’artiste pour illustrer ce magnifique pays du Gers.

Dernière entrée : la mise en image de la propriété, à des fins surtout de commercialisation, car Matthew loue à des vacanciers aisés ses bâtiments , qu’il appelle « Le Mas » (en fait un gîte très confortable) et la « Maison Gascogne » (la vaste habitation dont j’ai parlé plus haut).Mais le reportage vaut la peine car il montre la qualité et le raffinement des installations.

On sort de la visite impressionné par l’immense talent du photographe qui lui a valu déjà quelques notoires distinctions et l’édition à  travers le monde d’une huitaine de volumes  consacrés à ses œuvres.

C’est dire combien le Gers compte de gens talentueux, au demeurant trop méconnus. Modestement, je m’emploie avec mon blog à mettre en valeur ceux qu’il m’est donné d’approcher ou qui ont eu les faveurs des médias (une trentaine de sujets à ce jour).

Et le rapport entre Matthew et Amélie-les-Crayons ?

Il se trouve que certaines rubriques du site du photographe sont accompagnées par une chanson que je n'avais jamais entendue et  qui m’a aussitôt fortement séduit.

Il m’a fallu alors faire des recherches sur internet à partir de quelques paroles du texte pour retrouver la « coupable »…

Voilà l’histoire, et les origines de  ma « rencontre » avec Amélie-les-Crayons et sa chanson « Ta p’tite flamme »…J’ai commandé hier  CD et Dvd d’elle dont j’attends avec impatience la livraison. Et je guette le calendrier de ses tournées pour ne pas rater celle qui s’arrêtera dans les mois qui viennent à proximité de Fleurance (Toulouse, Montauban, Carcassonne, Tarbes, Bordeaux ?…).

Fait le 9 septembre

"Clés", "Vanity Fair"

Nous sommes tous des lecteurs de presse magazine.

Chaque fois que je me rends à la Maison de la Presse de Fleurance, je ne peux pas m’empêcher de m’étonner de la multitude de magazines qui s’y trouvent, et qui ont d’ailleurs de plus en plus de peine à trouver leur place dans les rayons, au point qu’il leur arrive de jouer à cache-cache les uns avec les autres.

Il y en a pour tous les goûts et tous les genres : sports (automobile, moto, vélo, courses hippiques…), loisirs, famille, santé, bien-être, cuisine, informatique, maison, décoration, jardinage, bricolage, jeux, économie, culture (musique, cinéma, livres, philosophie, histoire), psychologie, sans oublier la presse télé, people (hélas, à forte audience), les magazines spécifiquement féminins ou masculins, et ceux traitant de l’actualité.

48,6 millions de français lisent au moins un titre chaque mois et 35 millions chaque jour ! C’est dire la place qu’occupe dans la vie courante cette presse hebdomadaire, mensuelle, bimestrielle, semestrielle, nonobstant la montée en puissance du net et la chute corrélative de l’information papier.

J’ai pour ma part  beaucoup consommé de magazines d’information (« Le Nouvel Observateur », « L’Express », « Le Point », « Le Figaro Magazine », « Marianne »…), mais j’ai stoppé depuis peu mon overdose de news, me contentant de parcourir quelques uns d’entre eux sur mon écran d’ordinateur.

Aujourd’hui, je suis lecteur de deux magazines que presque tout oppose.

L’un, « Clés » (www.cles.com ), bimestriel  de 150/170 pages selon les numéros, a été créé en 2010 par Perla et  Jean-Louis Servan-Schreiber, le frère du célèbre Jean-Jacques, dit JJSS, disparu en 2006, journaliste, fondateur de « L’Express », essayiste et homme politique. Jean-Louis Servan-Schreiber avait lancé auparavant avec succès « Psychologies Magazine » qui appartient désormais au groupe Lagardère.

L’autre, plus récent, lancé début juillet avec fracas, est la version française du « Vanity Fair » américain (www.vanityfair.fr ).

« Clés » a pour slogan : « Trouver du sens, Retrouver du Temps » dans un monde où la vitesse, l’instantanéité et l’éphémère commandent tous nos comportements.

Sous cet éclairage, le magazine entend parler de sagesses, de philosophie, de psychologie, d’écologie, d’humour, d’arts, de vie numérique et de « slow-life », cette pratique de vie qui préconise la lenteur, le ralentissement, de manière éthique, responsable et durable (le magazine consacre d’ailleurs dans chaque n° plus d’une trentaine de pages à l’illustration de ce concept).

Le credo de « Clés » :

- « Nous sommes trop informés pour réfléchir

- Nous subissons les crises sans moyens de réagir

- Nous communiquons plus que nous n’avons à dire

- Nous sommes libres, autonomes et souvent seuls

- Nous vivons le monde sur des écrans, le virtuel gagne sur le réel

- Nous avons levé nos blocages, mais cherchons encore le désir

- Nous sommes affranchis des illusions, des religions, des idéologies, mais nous avons perdu nos   repères

- Nous allons de plus en plus vite, mais où ? »

« Au XXIème siècle, il est urgent de retrouver du sens », conclut le manifeste.

Jean-Louis Servan-Schreiber, qui surfe habilement sur ces enjeux, (c’est dans l’air du temps), a consacré plusieurs livres à ces thèmes qui lui sont chers : « Questionnaire pour demain », « L’Art du Temps », « Le Nouvel Art du Temps », « Vivre content », « Une vie en plus », et « Trop Vite ! », que j’ai lu à sa sortie en 2010.Dans ce dernier ouvrage, l’auteur  dénonce les effets du « court-termisme » qui aboutit à toujours « remettre le lendemain à plus tard , à se perdre dans la gestion d’un présent pléthorique, débordant, obsessionnel », en négligeant gravement  toute réflexion d’ampleur sur  l’avenir et le long terme, pourtant si indispensable  à notre construction personnelle et collective.

« Clés » en est déjà à son numéro 84 (août /septembre). Au menu de celui-ci,  entre autres, :

-          une enquête, des conseils et des témoignages pour (ré) apprendre à savourer la vie (« Déguster une framboise, faire l’amour, écouter un air de musique…Le plaisir est partout à portée de main. Encore faut-il prendre le temps de s’en délecter et s’autoriser à jouir. »)

-          un bon papier de Roger-Pol Droit, « Bonjour l’ennui ! » (« Toujours occupés à quelque chose, nous fuyons le vide, le silence, l’inaction. Pourtant, à petites doses, l’ennui est une source de créativité et de réflexion. »)

-          des portraits de femmes et d’hommes « Défricheurs du XXI° siècle » (« Ecolo, éthiques, solidaires…Leurs initiatives contribuent à changer le monde. »), ou « Innovateurs » (« Des décideurs qui regardent vers l’avenir et agissent pour lui. ») qui font plaisir à lire

-          quelques chroniques bien senties aussi : « Le non-sens » (le propos plein d’humour  d’Hervé Le Tellier porte dans ce n° sur « La fidélité »), « Aux incultes de la nature » signé Catherine Charrier, « Tatoo,toi ! » (à propos du tatouage) de Florence Servan-Schreiber (la fille de Jean-Louis), « Triste et Joyeux » de Marc de Smedt (il est le fondateur de « Clés » ancienne formule), ou encore « Les Carnets » de Patrice Van Eersel.

Cette revue intelligente, parfois drôle,  et bien écrite,  est plaisante également sur la forme : elle n’est pas trop envahie par la publicité, elle est aérée et sobre dans sa mise en page, et son grand format (28,5/22,5) y concourt. Enfin, son prix (6 €), sans être bas, reste abordable.

A l’inverse, le « Vanity Fair » français (il existe aussi des versions  italienne, espagnole, anglaise), dont le premier numéro est sorti en juillet, est inondé de publicités plus luxueuses les unes que les autres (quelqu’un a dit de « Vanity Fair » qu’il se présentait comme une « immense page de pub’ »). On y trouve , souvent en double page, les griffes de tous les grands parfumeurs et  couturiers de la planète fashion (93 pages sur 266 dans le n°1 !).Le lancement du magazine (15 millions € investis pour atteindre en rythme de croisière 100.000 lecteurs contre 1,2 millions aux Etats-Unis)  a été précédé d’un grand tapage médiatique orchestré par Michel Denisot, nommé Directeur de la rédaction, non pas tant pour sa compétence en presse écrite, que pour la valeur de son carnet d’adresses et sa forte notoriété. 

L’éditeur, Condé-Nest, est américain, (il compte aussi dans sa besace « Vogue », « Glamour », « The New-Yorker »), et la revue est née là-bas en 1913 pour disparaître lors de la Grande Dépression et être fusionné en 1936 avec le magazine « Vogue », ne réapparaissant en tant que tel qu’en 1983.

Le mot d’ordre du magazine est : « Brillant dedans, Mordant dehors », se voulant un « mensuel culturel chic », fruit du « mariage du glamour et de l’investigation ». Du pur marketing ! Dans une campagne publicitaire très intense qui vient de se dérouler sur les écrans télévisés (c’est fort rare pour un magazine, et c’est dire les moyens financiers mis en œuvre !), « Vanity Fair » est incarné par une jeune femme libre, bon genre, impertinente, casse-cou. Interpellée par une voix off pour ses écarts de conduite, elle répondra du haut d’un escalier monumental qui ressemble à s’y méprendre à celui de l’Opéra de Paris : « Je vous dis merde ! », tout en embrassant fougueusement un des gardes républicains de  la haie d’honneur…Shocking, my dear !!

Tout en faisant dans le branché, l’élégant, le distingué, le bling-bling, on ne désespère donc pas de  s’encanailler, en attirant à soi  des lecteurs amateurs de sensations fortes.

L’histoire du titre va d’ailleurs tout à fait dans ce sens. La « Foire aux Vanités » (c’est la traduction française de « Vanity Fair ») fait référence à un célèbre roman du XVII°, « Le Voyage du Pèlerin », écrit par un auteur anglais, John Bunyan. L’ouvrage relate le périple d’un homme ordinaire qui décide de prendre la route pour atteindre la cité céleste de Sion, ce qui l’oblige à traverser chemin faisant des lieux de perdition et de tentation, comme la fameuse foire aux vanités que l’écrivain décrit ainsi : « On y fait trafic de ces marchandises : maisons, terres, métiers, charges, dignités, bénéfices, titres, provinces, royaumes, voluptés, plaisirs et délices de toutes sortes, qu’on appelle filles de joie, maquerelles, époux, maris, enfants, maîtres, serviteurs, vies, sang, corps, âmes, argent, or, perles, pierres précieuses et tout le reste ». Tout un programme !

Est-ce à dire que ce magazine à 3,95 € va donner dans le sexe, la luxure, les paillettes et le people ?

Pas tout à fait même si avec le recul qu’autorisent les  trois numéros parus, on peut dire qu’il y a quand même dans ses pages  beaucoup de futile et de mondain, à commencer par les couvertures dédiées aux stars d’hier et d’aujourd’hui ( Scarlett  Johansson,  Audrey Hepburn, Michael Douglas) pour attirer le chaland. Mais le contenu de chaque numéro réserve néanmoins quelques surprises rédactionnelles agréables, sans pouvoir toutefois excuser le charivari d’images et de textes suant le faste, le superflu, l’ostentatoire, l’argent.

En fait, ce magazine est destiné à se trouver entre les mains de gens branchés ou dans les salons de coiffure,  les cabinets médicaux, les hôtels  qu’ils fréquentent. Il figurera aussi en bonne place dans notre chambre d’hôtes.  Nos gens de passage, qui viennent à la maison pour se détendre, apprécieront sans nul doute « Vanity Fair » pour ce qu’il est : un rendez-vous de lecture léger et divertissant, qui vend du rêve et de l’évasion sur papier glacé.

Quant à « Clés », la collection reste dans notre bibliothèque personnelle, où il nous arrive régulièrement d’aller prélever un des numéros, histoire de nous ressourcer aux vraies valeurs de l’existence.

"Vanity Fair" serait ainsi l'expression d'un mode de vie recherché dans le clinquant, le trépidant, le superficiel et le court terme, et "Clés" exprimerait à l'inverse un parcours d'homme dans la lenteur, la pause, la réflexion et la sagesse.

Et à l'heure où j'entame le dernier petit tiers de mon existence avec une vie désormais paisible et équilibrée (je n'ai dorénavant plus rien à prouver aux autres, mais encore beaucoup à moi-même ), j'en arrive à regretter d'avoir trop donné au cours de ma vie professionnelle dans le speed et le stress. Mais pouvais-je faire autrement eu égard aux obligations et aux responsabilités qui étaient miennes ?

 

Écrire un nouveau commentaire: (Cliquez ici)

123siteweb.fr
Caractères restants : 160
OK Envoi...
Voir tous les commentaires

Commentaires

08.09 | 02:24

notre génération a toujours ressenti un fort penchant pour Denise Glaser n'est-ce pas Thierry ?

...
11.08 | 03:28

Tu nous donnes l'eau à la bouche

...
08.05 | 11:12

Belles descriptions des villes de notre Bretagne qui est si belle mais tant décriée à cause du temps très changeant dans une seule journée!

...
04.03 | 02:39

et dans un autre domaine tournons nous vers une élection à la proportionnelle

...
Vous aimez cette page