Points de vues du Gers Carnets

90 jours après...

Je rouvre mon blog après un mois et demi de silence  dicté par le déménagement que nous venons d’opérer, en quittant Fleurance pour Ordan-Larroque, comme annoncé dans mon dernier billet de janvier.

Voilà désormais une petite semaine que nous avons élu domicile dans notre nouvelle maison.

Nous sommes tout à la fois fourbus et heureux.

Fourbus car nous avons nous- mêmes assuré depuis mi-janvier le transport de nos meubles et de nos cartons, à coup de trajets en voiture (plus d’une trentaine), puis à l’aide d’une camionnette  louée pour la circonstance (une douzaine d’allers-retours), avec le dernier week-end le précieux concours de bras plus jeunes et plus vaillants que les nôtres, et la collaboration spécifique d’un facteur de piano pour la prise en charge du Pleyel de mon épouse.

Fourbus encore car il a fallu ensuite installer  pièce par pièce meubles, literies, bibliothèques, cadres, tapis, poteries, luminaires…Ce n’est pas cependant le plus déplaisant que d’investir un nouveau lieu par une mise en scène qui va lui conférer une âme, un style, une marque,  qui bien entendu s’inspireront de l’architecture de la maison et  la respecteront, mais aussi qui s’imprègneront de nos personnalités, et notamment de nos goûts. De ce point de vue, mon épouse ne manque pas de talent de décoratrice, traitant nos  nouveaux espaces de vie  avec  raffinement et  élégance.

L’heure est aussi à quelques travaux, où là également mon épouse excelle, alors que  j’affiche pour ma part en bricolage une nullité et un désintérêt  absolus .

Si nous sommes las, nous n’en sommes pas moins fort heureux car la propriété tient les promesses que nous lui prêtions : maison fonctionnelle et bien agencée, silence d’or, paysages à couper le souffle…Une retraite idéale pour les retraités que nous sommes. Et la « spiritualité » (au sens laïc du terme) de l’endroit est tout à fait propice à l’écriture et à la méditation, deux activités qui me sont chères désormais.…

Nos enfants et les quelques amis qui ont visité en avant-première la maison en ont dit beaucoup de bien, et leurs appréciations favorables nous ont fait plaisir car elles résonnaient comme  autant d’approbations du choix de résidence que nous  avons fait. Certes, ce choix peut surprendre car nous nous éloignons de tout et nous sommes presque seuls au monde sur notre lopin de terre de 5.000 m2 (nos seuls voisins de proximité : deux frères vieux garçons qui exploitent une ferme de 80 ha).Mais  c’est là notre désir : nous  « heurter » aux autres le moins souvent possible, échapper autant que faire se peut à la collectivité dans ce qu’elle a de plus nocif (bruit, agressivité, compétition, conflit…), pour ne la côtoyer que dans des moments de partage convivial et serein. Le vœu est pieux, certes, et je confesse volontiers de surcroît qu’il exprime un luxe et un privilège très égoïstes.

Mais j’ai tant donné dans ma vie professionnelle en stress, en surmenage, en rythme effréné  de fonctionnement, en heures de travail, que j’aspire aujourd’hui au « slow life », à la quiétude, au repos, à une sorte d’éternité avant l’heure.

Ce lundi 24 février 2014 est donc un grand jour : je blogue à nouveau pour la première fois et je reprends en même temps ma marche si bienfaitrice pour le corps et l’esprit. J’avais interrompu mes billets car je n’avais plus la disponibilité de concentration nécessaire pour écrire car trop accaparé par les enjeux du déménagement. Et j’avais remisé mes chaussures de randonneur car faire des cartons, démonter, porter, transporter  constituaient une activité sportive de rechange bien suffisante, de surcroît terriblement consommatrice de temps.

Ma sortie pédestre d’aujourd’hui  aura duré un peu plus d’une heure. Je craignais qu’après 90 jours d’abstinence mon souffle et mes articulations ne soient pas au rendez-vous, l’un privé d’entraînement, et les autres rouillées par l’inactivité.

Je fus agréablement surpris : la « machine » s’est remise en route sans trop se faire prier, alors même que mon pas fut plutôt sportif, empruntant des petites routes et des chemins empierrés qui  montaient et montaient encore, car le Gers d’ici est encore plus vallonné que celui que nous avons quitté. Il est aussi plus sauvage et plus boisé (peut-être plus « pauvre » également, la terre ne se laissant pas facilement cultiver). Les paysages alentour sont  magnifiques et s’enrichissent de l’arrière-plan de la chaîne enneigée des Pyrénées, une splendeur ! (je reprends à mon compte l’expression d’Hubert Nyssen : « …des paysages à mettre sous la cloche de verre de l’éternité ! »).

J’aurai l’avantage dorénavant de partir à pied de la maison alors qu’auparavant je devais emprunter mon véhicule pour rejoindre tel ou tel de mes circuits. Ici, je peux « plonger » d’entrée dans la nature. Elle est à portée de main et m’offre d’emblée maints itinéraires. Je n’ai que l’embarras du choix…Et c’est tant mieux, car mon intention est d’en profiter tous les jours, à raison d’une heure et de 6 kms de marche cadencée.

Il va nous falloir maintenant prendre nos repères. Nos repères dans la maison et nos repères aussi  au sein de notre proche environnement, comme choisir nos lieux d’approvisionnement, s’enquérir des bons artisans dont nous aurons besoin pour entretenir la propriété, faire l’inventaire des structures associatives en vue d’adhérer à telle ou telle, tisser les liens nécessaires avec  les élus et la secrétaire de mairie d’Ordan-Larroque, qui sont autant de personnages incontournables de la vie locale.

Une opportunité s’est présentée à nous pour approcher les édiles municipaux, et nous l’avons saisie aussitôt : la tenue le 7 janvier dernier d’une « plaisanterie théâtrale et musicale » en la salle communale du village. Se produisait ce soir- là dans un « cheap show » (un show pas cher)  en solo  quelque peu « déjanté » et très « rock’n’roll », appelé « My name is Kathththy ! », une jeune femme de Bordeaux, Cathy Coffignal, qui  fait partie de la Compagnie du « Petit Théâtre de Pain », créée en 1994,  installée dans le pays basque, et qui compte dans ses rangs une quinzaine de comédiens de langues et de culture différentes.

« Montée » sur des baskets rouge  à hauts et fins talons (voir l’affiche ci-dessus), portant un jean moulant à l’excès (elle peut se l’autoriser…), les lèvres de la bouche écarlates, Cathy Coffignal  conquiert d’entrée son public (nous étions une petite trentaine).Elle incarne une chanteuse fantasque née à Hollywood qui se pâme d’aise en évoquant  devant un french public  sa vie, ses amours, sa famille, ses rencontres, son Los Angeles et ses stars, le tout entrecoupé d’airs issus du répertoire américain fort bien interprétés par la comédienne, avec l’aide de « Baby », sa guitare. Dotée d’une énergie folle, pleine d’audace scénique, elle est gaie, généreuse, provocante, usant pour se raconter de l’anglais (qu’elle parle fort bien, avec un accent charmant) , mais un anglais très compréhensible au commun des mortels et qu’elle traduit dans notre langue quand c’est nécessaire. Elle interpelle sans façon et sans complexe  son auditoire, et je fus moi-même invité par ses soins à la rejoindre sur scène pour l’embrasser (en guise de scène, son terrain de « jeu » était un carré au sol  délimité  par un cordon de petites  guirlandes allumées) !

Bref, une très agréable soirée où nous avons tous ri avec beaucoup de spontanéité et de plaisir. Il faut dire que les gascons forment un public idéal, car ils aiment s’amuser et s’enthousiasmer, et Cathy Coffignal leur en a donné une belle occasion.

Avant et après ce spectacle, nous avons pu, et c’était l’objectif recherché, nous présenter auprès de quelques-uns des responsables de la commune : Madame le Maire, une femme charmante, qui va se représenter en mars prochain, son Premier Adjoint, son épouse, et le Président de Culture et Loisirs , association qui était à l’origine de cette soirée. Ce dernier, qui est aussi Conseiller municipal, a vivement souhaité nous compter parmi les membres de ladite association, moyennant une cotisation de 20 € l’an.

Nous adresserons donc sans tarder notre adhésion, conscients que dans une petite localité (Ordan-Larroque compte un millier d’habitants, dont 400 dans le village lui-même), les habitants, par citoyenneté et solidarité, doivent contribuer, fût-ce modestement,  à l’animation de la commune  et au bien-être collectif des Ordanais. J’y prendrai sans doute  ma part, comme beaucoup d’autres.

Fait le 24 février

Écrire un nouveau commentaire: (Cliquez ici)

123siteweb.fr
Caractères restants : 160
OK Envoi...

Cabon Pascale | Réponse 01.03.2014 16.40

Quel plaisir de te lire à nouveau! Je ne connais pas le Gers mais je le découvre grâce à toi.
Continue ainsi!

Voir tous les commentaires

Commentaires

08.09 | 02:24

notre génération a toujours ressenti un fort penchant pour Denise Glaser n'est-ce pas Thierry ?

...
11.08 | 03:28

Tu nous donnes l'eau à la bouche

...
08.05 | 11:12

Belles descriptions des villes de notre Bretagne qui est si belle mais tant décriée à cause du temps très changeant dans une seule journée!

...
04.03 | 02:39

et dans un autre domaine tournons nous vers une élection à la proportionnelle

...
Vous aimez cette page